À la veille du congrès annuel du Labour à Liverpool, Peter Kyle a ouvert un débat économique embarrassant pour le gouvernement d’Andy Burnham. L’ancien ministre des Entreprises sous Keir Starmer estime que l’exécutif ne donne pas encore suffisamment la priorité à la croissance et devrait agir avec davantage « d’urgence ». Écarté du gouvernement lors de l’arrivée de Burnham à Downing Street en juillet, le député de Hove and Portslade assure ne pas vouloir formuler une attaque personnelle contre le Premier ministre, mais plaide pour des décisions susceptibles d’accélérer l’investissement et l’activité. Burnham, qui a succédé à Keir Starmer cet été, prononcera mardi son premier grand discours de chef du gouvernement devant le congrès travailliste.
Peter Kyle propose notamment de soumettre davantage les décisions fiscales à un « test de croissance » et de réexaminer certains obstacles réglementaires identifiés par les entreprises. Plus sensible politiquement, il suggère également d’ouvrir une discussion avec les syndicats sur le calendrier d’entrée en vigueur de certaines nouvelles protections des salariés. L’Employment Rights Act, adopté en décembre 2025, est déployé progressivement : plusieurs dispositions entreront en vigueur en janvier 2027, dont la réduction à six mois de la période nécessaire pour bénéficier de la protection contre le licenciement abusif et de nouvelles règles sur le « fire and rehire ». Le gouvernement continue parallèlement de consulter partenaires sociaux et entreprises sur d’autres mesures prévues courant 2027.
Burnham confronté au premier test économique de son mandat
Une intervention qui se produit alors que le nouveau Premier ministre tente d’imprimer sa propre ligne économique. Ancien maire du Grand Manchester, Andy Burnham défend depuis plusieurs années une stratégie reposant sur une décentralisation accrue des pouvoirs économiques et des investissements, avec l’idée que les régions doivent disposer de davantage de leviers pour stimuler l’activité. À son arrivée au pouvoir en juillet, il avait promis un « nouveau modèle économique », tout en maintenant les principales règles budgétaires et en donnant la priorité au coût de la vie. Son gouvernement a confié les finances à John Healey, qui présentera son premier budget le 28 octobre dans un contexte de contraintes budgétaires et de coûts d’emprunt élevés.
Le congrès de Liverpool, organisé du 27 au 30 septembre, doit donc permettre à Burnham de préciser comment il compte concilier redistribution territoriale, droits sociaux, investissements et croissance. Au sein du Labour, les anciens proches de Keir Starmer commencent parallèlement à faire entendre leurs réserves. Peter Kyle demande d’aller plus vite sur l’économie, tandis que Darren Jones a récemment estimé que Starmer aurait dû disposer de davantage de temps pour appliquer ses réformes. Le discours de mardi sera particulièrement observé, car il devra montrer comment le nouveau gouvernement entend transformer ses promesses de changement en politique économique concrète sans provoquer une rupture avec les syndicats ou avec l’aile du parti attachée aux réformes sociales adoptées sous le précédent exécutif.

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