Le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré vouloir une discussion franche sur un éventuel retour à la libre circulation des personnes avec l’Union européenne, à quelques semaines d’un sommet crucial à Bruxelles. Une position qui suscite déjà une vive opposition sur sa droite.
Andy Burnham n’écarte plus la libre circulation. Dans un entretien accordé au Sunday Times, le Premier ministre travailliste a affirmé que le Royaume-Uni devait engager une « discussion honnête » sur l’évolution de l’immigration depuis la sortie de l’Union européenne, ouvrant ainsi la voie à un débat que ses prédécesseurs avaient soigneusement évité.
Burnham a souligné que la nature même de l’immigration avait changé depuis le Brexit, effectif début 2020. « C’était un type d’immigration qui n’était peut-être pas aussi difficile qu’aujourd’hui », a-t-il déclaré, faisant référence à ce qu’il décrit comme une immigration « de va-et-vient » propre à la période de libre circulation, où les ressortissants européens venaient travailler puis repartaient. « L’équilibre migratoire a changé depuis cette époque. Je pense que nous devons simplement avoir une discussion honnête sur ces sujets », a-t-il ajouté.
Ces déclarations interviennent à un moment particulièrement sensible : le sommet Royaume-Uni–UE est prévu le 20 novembre à Bruxelles, où les deux parties espèrent conclure des accords sur les produits alimentaires et les boissons, la mobilité des jeunes et les systèmes d’échange de quotas d’émission carbone. La question de la mobilité des jeunes, qui implique de facto une forme de libre circulation partielle, a replacé ce sujet au cœur du débat politique britannique.
Burnham, arrivé à Downing Street en juillet, avait pourtant hérité du programme électoral de son prédécesseur Keir Starmer, qui excluait explicitement le rétablissement de la libre circulation, l’adhésion au marché unique ou la formation d’une union douanière. Le Premier ministre semble désormais vouloir se ménager une marge de manœuvre, tout en fixant des limites claires : il a exclu toute adhésion à l’espace Schengen ou à la monnaie unique. « Je ne me vois pas recommander un jour quoi que ce soit qui impliquerait d’adhérer » à l’euro ou à Schengen, a-t-il précisé.
Pour toute modification substantielle de la relation avec l’UE, Burnham envisagerait d’obtenir un mandat démocratique lors des prochaines élections générales, qui ne sont pas attendues avant 2029. Une façon de repousser les décisions les plus lourdes tout en laissant le débat s’installer dans l’espace public.
La réaction de l’opposition n’a pas tardé. Nigel Farage, chef du parti d’extrême droite Reform UK, a qualifié les propos de Burnham de « trahison totale envers la Grande-Bretagne du Brexit ». Cette sortie illustre la sensibilité persistante du sujet dans une société britannique qui avait voté à une courte majorité pour quitter l’UE en 2016, en faisant de la maîtrise de l’immigration l’un des arguments centraux du camp du Leave.

Réagir à l’article
Soyez le premier à commenter cet article.