À quelques semaines des élections législatives, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans la capitale espagnole samedi pour exiger la préservation du régime de retraites par répartition, au cœur d’une bataille politique intense entre le gouvernement sortant et l’opposition de droite.
Quelque 25 000 personnes ont convergé vers Madrid ce samedi pour défendre le système public de retraites espagnol, dans un contexte de vive tension politique à l’approche du scrutin législatif prévu le mois prochain. Le cortège a relié la gare d’Atocha à la Gran Via, artère emblématique de la capitale, sous des banderoles réclamant de « protéger et garantir nos retraites ».
La mobilisation reflète des inquiétudes profondes sur la soutenabilité du régime. L’Espagne fait face à un vieillissement accéléré de sa population, à un taux de natalité parmi les plus bas d’Europe et à une stagnation des salaires qui détériore mécaniquement le rapport entre cotisants et pensionnés. La facture mensuelle des retraites a atteint cette année un niveau record, frôlant les 14,5 milliards d’euros.
Au cœur des revendications : le maintien de l’indexation des pensions sur l’inflation et la réduction des inégalités de retraite entre hommes et femmes. Les manifestants redoutent qu’une alternance politique remette en cause ces acquis. Emilio Delgado, porte-parole adjoint du parti de gauche Más Madrid à l’Assemblée de Madrid, a résumé l’état d’esprit des cortèges en affirmant qu’« aucune pension ne devrait être inférieure au salaire minimum » et qu’« une vie de travail mérite une retraite digne ».
Le premier ministre Pedro Sánchez a mis en cause le Parti populaire (PP), principale formation de droite, l’accusant de préparer un affaiblissement de la revalorisation des pensions liée à l’inflation en cas de victoire électorale. Le chef du PP, Alberto Núñez Feijóo, a réfuté ces accusations lundi, assurant qu’il maintiendrait la revalorisation des pensions en fonction de l’inflation si son parti accède au pouvoir.
Sánchez, de son côté, a promis de préserver le système actuel s’il est reconduit, jugeant le régime financièrement viable malgré sa dépendance croissante aux transferts de l’État, rendue nécessaire par l’augmentation du nombre de retraités et la hausse régulière des montants versés.

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