Le chancelier allemand Friedrich Merz a conclu le congrès de la CSU à Munich en appelant à une cohésion renforcée entre les deux partis frères, tout en réaffirmant le refus de toute collaboration avec l’extrême droite et en dénonçant les tentatives de déstabilisation russes.
Le congrès bisannuel de l’Union chrétienne-sociale (CSU), parti conservateur bavarois, s’est achevé samedi à Munich sur un discours du chancelier Friedrich Merz, également président de l’Union chrétienne-démocrate (CDU). Devant les délégués réunis au palais des expositions de la capitale bavaroise, le chef du gouvernement fédéral a martelé que « la CDU et la CSU doivent se serrer les coudes plus étroitement que jamais », soulignant que les deux formations étaient attaquées par des « extrémistes » venus des marges du spectre politique.
Merz a rendu un hommage appuyé au président de la CSU, Markus Söder, qu’il a qualifié de « voix forte » non seulement pour la Bavière, mais aussi à l’échelle fédérale. « Nous sommes unis par un sens profond des responsabilités envers notre pays », a-t-il déclaré, insistant sur le caractère partagé de cet engagement.
Le congrès se tenait dans un climat de tensions internes. La coalition gouvernementale formée par la CDU, la CSU et le Parti social-démocrate (SPD) traverse une période difficile, marquée par des revers électoraux et des désaccords sur le rythme des réformes des systèmes de retraite, de dépendance et d’assurance maladie. La question de la succession du président fédéral sortant Frank-Walter Steinmeier cristallise également les crispations, aucun nom de candidat conservateur n’ayant encore été avancé.
Sur le plan économique, Merz a laissé entrevoir une baisse de la taxe sur l’électricité dès l’année prochaine. « Si c’est possible, et je pense que ça l’est, alors la taxe sur l’électricité doit être abaissée l’an prochain », a-t-il affirmé. Ses partenaires de coalition ont déjà acté le principe d’un alignement sur le minimum européen, mais le ministre des Finances Lars Klingbeil (SPD) a mis en garde contre des marges de manœuvre budgétaires limitées, malgré des prévisions de recettes fiscales en hausse. À ce stade, les réductions accordées ne concernent que l’industrie, l’agriculture et la sylviculture.
Le chancelier a également réaffirmé avec fermeté le maintien du « pare-feu » excluant toute coopération avec l’Alternative pour l’Allemagne (AfD). « Quiconque estime devoir voter pour ces gens n’a pas sa place dans notre Union », a-t-il lancé. L’AfD continue de dominer les sondages nationaux, même si une enquête réalisée vendredi pour la chaîne publique ZDF indique que le bloc conservateur réduit l’écart. La coalition au pouvoir ne disposerait toutefois pas d’une majorité si des élections fédérales avaient lieu ce dimanche.
Merz a par ailleurs mis en garde contre ce qu’il a décrit comme une « menace massive » de la Russie, accusant Moscou de chercher « à déstabiliser l’Allemagne au quotidien ». L’Allemagne, l’un des principaux soutiens militaires et politiques de l’Ukraine, est en état d’alerte élevé face aux risques de sabotage depuis la découverte d’un drone piégé à proximité d’un avion cargo ukrainien à l’aéroport de Leipzig. Jeudi, un ressortissant ukrainien a été arrêté dans le Land de Brandebourg, soupçonné d’espionnage au profit des services russes.
En marge du congrès, un incendie a ravagé dans la nuit de vendredi à samedi le Kehlsteinhaus, le refuge alpin construit pour Adolf Hitler dans les Alpes bavaroises et plus connu sous le nom de « Nid d’Aigle ». Un suspect a été placé en garde à vue et une enquête pour incendie criminel a été ouverte.

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