Après douze ans au pouvoir, le président serbe Aleksandar Vučić a admis dimanche soir la défaite de son camp face au mouvement de protestation soutenu par les étudiants, à l’issue d’élections législatives marquées par une participation record.
C’est un aveu rare pour un homme qui a dominé la vie politique serbe depuis 2012. Aleksandar Vučić a reconnu publiquement sa défaite dimanche, au soir d’un scrutin législatif qui s’annonçait comme le plus disputé de sa carrière. Devant ses partisans réunis au siège de son parti à Belgrade, il a déclaré : « Sur la base d’un échantillon représentatif, il est clair que nous avons perdu ces élections. »
Le résultat est le fruit de deux années de mobilisation populaire, portée en grande partie par un mouvement étudiant qui a progressivement structuré son opposition en force politique. Ce mouvement, qui a donné naissance à une liste de protestation aux élections, est arrivé en tête selon les premiers résultats partiels évoqués par Vučić lui-même.
La participation électorale, qualifiée de record, a joué un rôle décisif dans ce basculement. La dynamique de contestation, née dans les universités et les rues serbes, a visiblement débordé le cadre habituel de l’abstention pour se transformer en vote sanction massif contre le pouvoir en place.
Ce retournement de situation constitue un séisme politique pour la Serbie, pays candidat à l’adhésion à l’Union européenne, dont la trajectoire démocratique est suivie de près par Bruxelles. La chute de Vučić, figure centrale des Balkans occidentaux depuis plus d’une décennie, ouvre une période d’incertitude sur l’orientation future du pays, notamment sur ses relations avec Moscou et ses engagements européens.

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