Aleksandar Vucic entend poursuivre sa carrière politique à un autre poste. Le président serbe a annoncé dimanche 27 septembre qu’il quittait ses fonctions pour briguer la direction du gouvernement à l’issue des élections législatives anticipées prévues en octobre. Devant ses partisans rassemblés près du palais présidentiel, il a précisé qu’il remettrait son mandat au Parlement lundi matin. Cette décision ouvre une nouvelle étape dans la crise politique qui secoue la Serbie depuis près de deux ans.
Le scrutin anticipé répond à une revendication majeure du mouvement étudiant né après la catastrophe de Novi Sad. En novembre 2024, l’effondrement d’une marquise de la gare avait tué seize personnes, provoquant une vague de manifestations contre la corruption et les autorités. La mobilisation avait parfois réuni des centaines de milliers de participants, selon Franceinfo avec l’AFP. Sous cette pression, Vucic avait annoncé début septembre l’organisation de législatives fin octobre, avançant une échéance initialement fixée à décembre 2027. Le conflit politique se déplace désormais vers les urnes, sans que les griefs à l’origine des manifestations soient pour autant réglés.
Une démission qui prépare une nouvelle candidature au pouvoir
Élu à la présidence en 2017 puis reconduit en 2022, Aleksandar Vucic interrompt ainsi son second mandat avant son terme. Selon l’AFP, il n’était pas légalement obligé de démissionner pour mener cette campagne. Son choix peut se lire comme une tentative de reprendre l’initiative : en quittant la présidence, il se présente aux électeurs avec l’objectif explicite de diriger le prochain gouvernement. Cette ambition reste toutefois conditionnée au résultat des législatives et à la possibilité de réunir une majorité parlementaire. L’annonce de son départ ne permet donc pas de préjuger de la répartition future du pouvoir.
La transition présidentielle doit être assurée par Ana Brnabic, présidente du Parlement. Cet intérim est limité à trois mois, période pendant laquelle une élection présidentielle doit être convoquée. La Serbie s’engage ainsi dans une double séquence électorale, législative et présidentielle. Pour les contestataires, le défi sera de donner une traduction politique à la mobilisation. Pour Vucic, il s’agira de convaincre qu’il peut encore obtenir un mandat pour gouverner, après une crise qui l’a conduit à écourter sa présidence.

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