Le projet d’autonomie de la Corse arrive devant le Sénat dans un climat de profond désaccord politique. Ce lundi 26 octobre, les sénateurs entament l’examen du projet de loi constitutionnelle destiné à reconnaître un statut d’autonomie à l’île au sein de la République. Mais la majorité sénatoriale de droite souhaite modifier plusieurs dispositions centrales du texte soutenu par Emmanuel Macron et les responsables autonomistes corses. Parmi les principales mesures contestées figure la référence à une communauté corse, que Les Républicains veulent supprimer au nom de l’unité de la République.
Le texte s’inscrit dans le processus de discussions engagé entre l’État et les élus corses afin de définir une nouvelle organisation institutionnelle pour l’île. Il prévoit notamment de reconnaître un statut d’autonomie et d’accorder à la collectivité des possibilités d’adaptation normative dans certains domaines. Ces évolutions nécessitent une modification de la Constitution, ce qui impose un accord entre les deux chambres du Parlement avant les étapes finales de la procédure de révision.
La reconnaissance du peuple corse au cœur du désaccord
La sénatrice LR Muriel Jourda défend plusieurs amendements destinés à encadrer plus strictement les compétences qui pourraient être attribuées à la collectivité de Corse. La majorité sénatoriale souhaite notamment supprimer la référence à une communauté corse et limiter les possibilités de dérogation aux règles nationales, afin de préserver les principes d’unité et d’indivisibilité de la République.
À l’inverse, le sénateur autonomiste Paulu Santu Parigi défend une reconnaissance plus affirmée du peuple corse et considère que l’autonomie doit s’accompagner de véritables capacités de décision. Le Rassemblement national propose pour sa part une autre organisation institutionnelle, reposant notamment sur de nouveaux échelons territoriaux.

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