Un cybercriminel revendique le vol d’une base de données associant des centaines de milliers de plaques d’immatriculation françaises à des identités, adresses et numéros de téléphone. L’origine de la fuite reste inconnue à ce stade.
C’est une revendication d’une ampleur inhabituelle qui a circulé ce week-end sur les réseaux criminels en ligne. Un pirate opérant sous le pseudonyme ChimeraZ affirme avoir mis la main sur un fichier contenant 847 064 plaques d’immatriculation françaises, auxquelles seraient associées plus de 500 000 adresses électroniques, près de 475 000 numéros de téléphone, ainsi que des noms, prénoms et adresses postales complètes. Aucun mot de passe, coordonnée bancaire ou numéro de sécurité sociale ne figurerait dans les captures diffusées par l’auteur présumé.
Les échantillons analysés par des spécialistes du suivi des fuites de données indiquent que les informations couvrent une période allant de 2017 à 2026, soit près d’une décennie. Le pirate n’a pas précisé l’origine du fichier, évoquant seulement un « site vulnérable » dont il promet de révéler le nom une fois les failles corrigées. À ce stade, aucun organisme n’a réagi publiquement, et rien ne permet d’établir un lien avec le Système d’immatriculation des véhicules géré par l’État.
Le danger concret que représente ce type de fuite tient à la combinaison des données. Une plaque relevée dans la rue ou sur un parking suffirait, si la base est authentique, à retrouver le nom, l’adresse et le téléphone du propriétaire du véhicule. Cette information peut ensuite servir à monter des arnaques ciblées et crédibles : un message signalant un accrochage sur le parking d’un centre commercial, accompagné de photos, peut pousser la victime à communiquer des coordonnées ou à verser de l’argent sous la pression. Les fausses contraventions transmises par SMS ou courrier constituent un autre vecteur d’escroquerie classique dans ce type de scénario.
Pour vérifier l’authenticité d’un avis de contravention reçu, il est possible de saisir son numéro directement sur le site officiel de l’Agence nationale du traitement automatisé des infractions (ANTAI), ce qui permet d’écarter les faux documents.
ChimeraZ n’est pas un inconnu des milieux de la cybersécurité. Ce même individu est déjà impliqué dans des attaques contre la Fédération française de tir, plusieurs armureries, ainsi que dans le vol des données des adhérents du Parti communiste français. La fuite annoncée n’a pas encore été confirmée par des autorités compétentes ou des experts indépendants.

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