Le constructeur automobile allemand envisage de bloquer les rémunérations de l’ensemble de ses salariés dans le monde pendant cinq ans, une mesure que le comité d’entreprise juge irréaliste et promet de combattre.
Volkswagen veut geler les salaires de ses quelque 660 000 employés à travers le monde jusqu’en 2030. L’information, confirmée par le syndicat IG Metall, a été portée à la connaissance des salariés par le comité d’entreprise du groupe, qui cite des informations transmises par la direction. Si cette mesure était appliquée, les travailleurs pourraient perdre environ 10 % de leur pouvoir d’achat d’ici la fin de la décennie, selon les estimations avancées.
Le comité d’entreprise a qualifié ce projet d’irréaliste et annoncé qu’il ferait l’objet d’une résistance significative. La direction du groupe n’a pas encore commenté publiquement ces révélations.
Cette annonce intervient dans un contexte de difficultés profondes pour le premier constructeur automobile européen. En septembre dernier, Volkswagen avait déjà décidé de supprimer 50 000 postes supplémentaires dans le monde, s’ajoutant à une première vague de 50 000 suppressions d’emplois déjà actée. Quatre usines situées en Allemagne sont par ailleurs menacées de fermeture entre 2031 et 2034.
La situation du groupe reflète une crise plus large qui frappe l’ensemble du secteur automobile allemand. Une étude de l’institut économique Ifo révèle que l’industrie automobile a perdu 123 500 emplois depuis 2019, soit un recul de 13 %, ce qui en fait le secteur le plus touché par la désindustrialisation en Allemagne. Au total, l’industrie allemande comptait fin 2025 près de 496 000 salariés de moins qu’au début de 2019, une baisse de 7,1 %.
Joachim Ragnitz, directeur général de l’antenne de Dresde de l’Ifo, parle d’un « glissement structurel accéléré » et s’inquiète que les nouveaux emplois créés, principalement dans les services, la santé et le social, ne se situent pas dans les secteurs où l’Allemagne est la plus productive et la plus innovante, ce qui risque de peser sur le potentiel de croissance du pays.
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