Une enquête disciplinaire a été ouverte après la diffusion de vidéos montrant un véhicule de la Police nationale circulant à vive allure au milieu d’un rassemblement de lycéens, lundi 5 octobre à Dunkerque. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, l’a confirmé mercredi lors d’une audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale. Il a également indiqué que des rappels à l’ordre avaient été effectués.
Sur les séquences diffusées sur les réseaux sociaux, un 4×4 effectue plusieurs manœuvres à proximité de dizaines de jeunes, qui s’éloignent en courant. Le véhicule monte sur un trottoir, recule puis repart, emportant une poubelle. Selon une responsable de la Direction interdépartementale de la Police nationale du Nord, aucun blessé n’a été recensé lors de cet incident. Les circonstances précises de l’intervention doivent encore être éclaircies.
Une intervention jugée contraire aux consignes
Les autorités reconnaissent que l’utilisation du véhicule ne correspond pas aux doctrines d’emploi et aux orientations données par le ministère de l’Intérieur, le préfet et la direction locale de la police. La préfecture du Nord évoque une intervention dans un contexte de violences en marge du mouvement lycéen, tout en précisant qu’un véhicule ne fait pas partie des moyens prévus pour repousser des individus. L’enquête doit permettre d’établir les responsabilités et les éventuels manquements.
La Ligue des droits de l’homme a vivement dénoncé ces images. Sa vice-présidente, Emmanuelle Jourdan-Chartier, les juge « extrêmement choquantes », en soulignant la présence de mineurs parmi les manifestants. L’association a lancé un appel à témoignages et envisage de saisir les rapporteurs spéciaux des Nations unies. À ce stade, aucune conclusion de l’enquête ni sanction définitive n’a été annoncée dans les informations communiquées.

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