La cour d’assises de Paris a rendu son verdict vendredi dans le procès de la mort de Federico Martin Aramburu. Loïk Le Priol a été condamné à 26 ans de réclusion criminelle pour meurtre, tandis que Romain Bouvier a été condamné à 19 ans pour tentative de meurtre. Les deux hommes avaient ouvert le feu sur l’ancien international argentin de rugby le 19 mars 2022, à Paris. La cour a retenu leur intention de tuer, mais pas la préméditation.
Le verdict met un terme à trois semaines de débats au cours desquelles les circonstances de la mort du rugbyman ont été examinées dans le détail. Le procès de Loïk Le Priol et Romain Bouvier s’était ouvert le 7 septembre devant la cour d’assises de Paris, plus de quatre ans après les faits.
La préméditation écartée par la cour
Loïk Le Priol comparaissait pour assassinat et Romain Bouvier pour tentative d’assassinat. La distinction était essentielle puisque la qualification d’assassinat suppose que le meurtre ait été prémédité.
Les jurés et les magistrats ont finalement considéré que l’intention homicide était établie, mais que la préméditation ne l’était pas. Loïk Le Priol a donc été reconnu coupable de meurtre et condamné à 26 ans de réclusion criminelle. Romain Bouvier a, lui, été reconnu coupable de tentative de meurtre et condamné à 19 ans.
L’accusation avait défendu jusqu’au bout la thèse de la préméditation. Elle avait requis 27 ans de réclusion contre Loïk Le Priol et 20 ans contre Romain Bouvier.
Une altercation dans une brasserie avant les coups de feu
Les faits remontent au 19 mars 2022. Federico Martin Aramburu, 42 ans, ancien international argentin passé notamment par Biarritz et Perpignan, se trouvait à Paris avec son ami et ancien coéquipier Shaun Hegarty.
Les deux hommes s’étaient arrêtés au Café Mabillon, boulevard Saint-Germain, dans le 6e arrondissement de Paris. Loïk Le Priol, Romain Bouvier et la compagne de Le Priol se trouvaient également dans l’établissement.
Une altercation avait éclaté entre les deux groupes avant de dégénérer en bagarre. Federico Martin Aramburu et Shaun Hegarty avaient ensuite quitté les lieux. Mais les protagonistes allaient se retrouver quelques minutes plus tard.
Romain Bouvier tire le premier
Romain Bouvier avait retrouvé les deux anciens rugbymen à bord d’un véhicule conduit par la compagne de Loïk Le Priol. Il était descendu de la voiture avant d’ouvrir le feu.
Quatre coups avaient été tirés. Deux projectiles avaient atteint Federico Martin Aramburu, notamment à la cuisse et au thorax. Au procès, Romain Bouvier a contesté avoir voulu tuer l’ancien international argentin.
Il a notamment déclaré : « Je n’ai jamais voulu tuer, jamais. » Il affirmait avoir effectué des tirs de dissuasion et soutenait avoir voulu diriger son arme vers le bas.
Cette version a été longuement discutée devant la cour, notamment à partir des constatations balistiques et médico-légales. Les jurés ont finalement retenu une intention homicide, ce qui a conduit à sa condamnation pour tentative de meurtre.
Loïk Le Priol arrive ensuite et tire six fois
Quelques dizaines de secondes après les premiers tirs, Loïk Le Priol avait à son tour rejoint Federico Martin Aramburu. L’ancien militaire avait sorti son arme et tiré six fois.
Plusieurs projectiles avaient atteint le rugbyman. Les blessures mortelles avaient été provoquées par des balles reçues dans le dos.
Mortellement touché, Federico Martin Aramburu avait encore pu parler à Shaun Hegarty. Son ami a raconté les dernières paroles du rugbyman : « Shaun, appelle la police, je vais mourir. »
Le Priol reconnaissait avoir provoqué la mort d’Aramburu
Loïk Le Priol n’a pas contesté être l’auteur des tirs mortels. Dès l’ouverture des débats, il avait reconnu sa responsabilité matérielle dans la mort de l’ancien joueur.
Il avait déclaré : « Je suis l’auteur de la mort de Federico Martin Aramburu. »
En revanche, l’ancien militaire contestait avoir prémédité le crime et soutenait ne pas avoir eu l’intention de tuer. Il avait expliqué devant la cour avoir tiré par « pur réflexe », alors qu’il estimait se trouver en danger.
Les jurés n’ont pas retenu cette absence d’intention homicide. Ils ont toutefois écarté la préméditation, ce qui a conduit à la qualification de meurtre plutôt que d’assassinat.
Un procès très attendu plus de quatre ans après les faits
Loïk Le Priol et Romain Bouvier avaient tous les deux appartenu au GUD, organisation d’extrême droite aujourd’hui dissoute. Cette appartenance et leurs rapports antérieurs à la violence ont été largement évoqués pendant les audiences, sans constituer la qualification pénale sur laquelle la cour devait se prononcer.
Les deux accusés avaient également déjà été condamnés ensemble dans une autre affaire de violences remontant à 2015.
Le procès Aramburu était attendu depuis plusieurs mois. Il devait déterminer précisément les responsabilités de chacun dans les deux séries de tirs qui ont coûté la vie à Federico Martin Aramburu.
Vendredi soir, la cour d’assises a finalement fixé ces responsabilités : 26 ans de réclusion criminelle pour Loïk Le Priol et 19 ans pour Romain Bouvier, avec une qualification de meurtre et de tentative de meurtre, la préméditation ayant été écartée.
