Cinq personnes ont été mises en examen en France dans une enquête portant sur des transferts de fonds qui auraient bénéficié au Hamas par l’intermédiaire d’associations humanitaires. Selon le parquet national antiterroriste, elles sont soupçonnées d’avoir adressé de l’argent à un tiers chargé de collecter des fonds pour l’organisation palestinienne. Les cinq suspects contestent ces accusations.
Interpellées mardi 29 septembre par les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure, elles ont été présentées à la justice après l’ouverture d’une information judiciaire vendredi 2 octobre. Les poursuites portent sur le financement d’une entreprise terroriste, l’abus de confiance en bande organisée et le blanchiment d’abus de confiance en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste. L’instruction doit notamment déterminer la destination des sommes collectées et ce que les personnes mises en cause savaient de leur utilisation.
Quatre personnes sous contrôle judiciaire
D’après le détail des décisions communiqué par le parquet, quatre suspects ont été placés sous contrôle judiciaire. Le cinquième, président d’une association, a été provisoirement incarcéré dans l’attente d’un débat contradictoire différé qu’il a demandé. Le parquet avait requis la détention provisoire des deux responsables associatifs mis en cause, mais le juge des libertés et de la détention a placé le second sous contrôle judiciaire.
L’avocate du responsable provisoirement incarcéré, Lucie Simon, soutient que son client a agi dans un objectif exclusivement humanitaire et conteste la nécessité d’une détention. Le parquet français n’a pas communiqué le montant des sommes visées par son enquête ni la localisation des associations. À ce stade, les mises en examen ne constituent pas une déclaration de culpabilité et les cinq personnes demeurent présumées innocentes.
Des interpellations coordonnées avec les États-Unis
Trois des interpellations françaises s’inscrivent dans une opération coordonnée avec les autorités américaines. Le ministère américain de la Justice a annoncé des poursuites visant un collecteur installé à Gaza et plusieurs personnes soupçonnées d’avoir participé à un réseau international de financement du Hamas. Le Trésor américain a également annoncé des sanctions contre deux responsables associatifs établis en France et les structures Association Baraka et Ensemble C Mieux, qu’il accuse d’avoir servi à acheminer des fonds vers l’organisation.
Selon le Trésor américain, les deux responsables auraient collecté plus de deux millions de dollars entre 2020 et 2026, dont 1,5 million après les attaques du 7 octobre 2023. Washington affirme que ces sommes auraient transité par un membre de la branche armée du Hamas basé à Gaza, avec notamment des transferts en cryptomonnaies. Ces montants relèvent des accusations américaines et ne permettent pas de déterminer, à eux seuls, le périmètre financier du dossier français. L’enquête judiciaire doit établir les responsabilités individuelles dans les faits reprochés.

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