Israël se dirige vers une nouvelle période d’incertitude politique. Les premières estimations publiées mardi 27 octobre au soir, à la fermeture des bureaux de vote, ne donnent de majorité absolue ni au Premier ministre sortant Benyamin Netanyahou ni à son principal rival, l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot. Selon les sondages de sortie des urnes diffusés par les principales chaînes israéliennes, le bloc soutenant Netanyahou obtiendrait environ 50 sièges à la Knesset, contre 52 à 53 pour les formations d’opposition regroupées autour d’Eisenkot. Les partis arabes pourraient décrocher entre 17 et 18 sièges et jouer un rôle déterminant dans la formation du prochain gouvernement.
Le Likoud de Benyamin Netanyahou pourrait néanmoins conserver sa place de première formation politique du pays. Selon les projections de la télévision publique Kan, le parti du Premier ministre sortant remporterait 25 sièges, contre 21 pour Yashar, la formation centriste de Gadi Eisenkot. Ce scrutin, le premier organisé depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 et les conflits régionaux qui ont suivi, a suscité une mobilisation particulièrement importante. À 20 heures, le taux de participation atteignait déjà 74,3 %, selon la Commission électorale centrale, un niveau supérieur à celui enregistré à la même heure lors des élections de 2022.
Les partis arabes pourraient détenir les clés du prochain gouvernement
Le principal enseignement de ces premières estimations est l’absence de majorité claire. Pour gouverner avec une majorité absolue, une coalition doit réunir au moins 61 des 120 députés de la Knesset. Or, ni les alliés de Netanyahou ni les formations d’opposition autour d’Eisenkot ne semblent en mesure d’atteindre seuls ce seuil. Les partis représentant les citoyens arabes d’Israël, crédités de 17 à 18 sièges, pourraient donc peser dans les discussions, même si leur participation à une coalition ou leur soutien extérieur ne sont pas acquis.
La formation du prochain gouvernement pourrait prendre plusieurs semaines. Une fois les résultats officiels proclamés, le président Isaac Herzog devra consulter les représentants des partis et désigner le responsable politique qu’il estime le mieux placé pour constituer une coalition. Benyamin Netanyahou pourrait ainsi tenter de conserver le pouvoir même sans majorité immédiate, tandis que Gadi Eisenkot devra convaincre des formations aux orientations parfois très différentes de soutenir une alternative gouvernementale.

Réagir à l’article
Soyez le premier à commenter cet article.