POLITIQUE

Trois mois sans Défenseur des enfants : la pression monte sur Sébastien Lecornu

Trois mois sans Défenseur des enfants : la pression monte sur Sébastien Lecornu
Trois mois sans Défenseur des enfants : la pression monte sur Sébastien Lecornu

La France est privée de Défenseur des enfants depuis plus de trois mois, une situation qui suscite une mobilisation croissante parmi les associations et les professionnels de la protection de l’enfance. Dans une lettre ouverte adressée lundi 26 octobre 2026 au Premier ministre Sébastien Lecornu, 54 personnalités réclament la nomination d’un nouveau titulaire « dans les plus brefs délais ». Depuis l’arrivée de François-Noël Buffet à la tête du Défenseur des droits, le 23 juillet dernier, le poste d’adjoint chargé des droits de l’enfant demeure vacant. Les signataires dénoncent une situation d’autant plus préoccupante que plusieurs textes consacrés à la protection des mineurs sont actuellement examinés au Parlement et que la Journée internationale des droits de l’enfant, célébrée le 20 novembre, approche.

Parmi les signataires figurent les cinq anciens titulaires de la fonction : Claire Brisset, Dominique Versini, Marie Derain de Vaucresson, Geneviève Avenard et Éric Delemar, dont le mandat s’est achevé en juillet. Ils sont notamment rejoints par Adeline Hazan, présidente de l’UNICEF France, Daniel Goldberg, président de l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniopss), ainsi que plusieurs magistrats, avocats, universitaires et responsables associatifs. Tous s’inquiètent de l’absence prolongée d’une personnalité spécifiquement chargée de défendre les intérêts des enfants au sein de cette autorité indépendante. Le Défenseur des enfants intervient notamment dans les questions liées à la protection de l’enfance, à l’accès à l’éducation, aux discriminations, aux violences et au respect des droits fondamentaux des mineurs. Il occupe également la vice-présidence du collège consacré à la défense et à la promotion des droits de l’enfant. Cette fonction, intégrée à l’institution du Défenseur des droits depuis 2011, constitue un relais important entre les enfants, les familles, les associations et les pouvoirs publics.

Une nomination attendue alors que la protection de l’enfance est au cœur des débats

Dans leur courrier, les 54 personnalités rappellent que la loi organique du 29 mars 2011 prévoit une procédure précise : le Défenseur des enfants est nommé par le Premier ministre, sur proposition du Défenseur des droits, en raison de ses compétences ou de son expérience dans ce domaine. Les auteurs de la lettre estiment que l’absence de nomination pendant trois mois traduit une insuffisante prise en compte des enjeux liés aux droits de l’enfant. Ils s’interrogent notamment sur le message adressé aux jeunes et aux professionnels alors que le Parlement examine des dispositions relatives à la protection de l’enfance et aux violences sexuelles. Adeline Hazan a également relayé publiquement cette mobilisation, soulignant la nécessité de disposer d’une personnalité indépendante capable de porter la parole des enfants dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la justice et de la protection. La démarche intervient dans un contexte marqué par de nombreuses interrogations sur les moyens consacrés à l’aide sociale à l’enfance, les difficultés rencontrées par les mineurs victimes de violences et l’accès effectif aux dispositifs de protection.

L’absence d’un Défenseur des enfants ne signifie toutefois pas que les enfants et leurs familles sont privés de tout recours. L’institution du Défenseur des droits continue d’exercer ses missions, de recevoir des saisines et d’intervenir lorsque les droits des mineurs ne sont pas respectés. Mais les signataires considèrent que la présence d’un adjoint spécialisé demeure essentielle pour assurer la visibilité de ces questions, coordonner les travaux du collège compétent et faire entendre les préoccupations des enfants auprès des décideurs publics. Ils souhaitent qu’une personnalité expérimentée et reconnue pour son indépendance soit désignée avant le 20 novembre, date anniversaire de l’adoption de la Convention internationale des droits de l’enfant par les Nations unies en 1989. À ce stade, aucune date de nomination n’a été annoncée publiquement. Pour les associations mobilisées, cette échéance représente désormais un test de l’attention accordée par le gouvernement à la défense des droits des plus jeunes. La réponse de Sébastien Lecornu et la proposition que pourrait formuler François-Noël Buffet seront donc particulièrement observées dans les prochaines semaines.

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