Le Rassemblement national s’attaque au financement des organisations syndicales. Invité de France Inter lundi 26 octobre, Sébastien Chenu, nouveau président du groupe RN à l’Assemblée nationale, a prévenu qu’un gouvernement dirigé par son parti pourrait remettre en cause les financements publics de la CGT si celle-ci continuait à prendre position dans les campagnes électorales. Une déclaration qui vise directement la secrétaire générale du syndicat, Sophie Binet, après sa participation à la manifestation contre le congrès du Rassemblement national organisée samedi à Orléans.
Sébastien Chenu reproche à la CGT de dépasser son rôle de défense des salariés en intervenant directement dans les débats partisans. Selon le député du Nord, une organisation syndicale bénéficiant de fonds publics ne devrait pas utiliser ses moyens pour appeler à voter contre une formation politique ou participer à des mobilisations dirigées contre elle. Le nouveau président du groupe RN considère que ces prises de position posent la question de l’utilisation de l’argent public et des missions auxquelles les financements syndicaux doivent être consacrés.
Sophie Binet directement prise pour cible
La polémique intervient après la mobilisation organisée contre le congrès du RN à Orléans, à laquelle plusieurs responsables politiques de gauche et représentants syndicaux ont participé. Sophie Binet figurait parmi les personnalités engagées contre le rassemblement de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Pour Sébastien Chenu, cette participation illustre la proximité politique qu’il dénonce entre certains syndicats et les formations de gauche.
Jean-Philippe Tanguy a également pris pour cible la secrétaire générale de la CGT lors d’une intervention sur CNews, lui reprochant une proximité idéologique supposée avec Jean-Luc Mélenchon. Ces attaques interviennent alors que le RN défend, dans son programme budgétaire, une réduction des financements accordés aux organisations qu’il considère comme excessivement politisées.
La question soulève néanmoins un enjeu juridique important. Les syndicats disposent en France d’une liberté d’expression et d’action protégée par la Constitution. Leur participation au débat politique n’est pas, en elle-même, constitutive d’un détournement de fonds publics. Les financements dont ils bénéficient relèvent par ailleurs de différents mécanismes, qui ne peuvent être assimilés indistinctement à des subventions discrétionnaires.

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