À quelques semaines des élections sénatoriales du 27 septembre, la tension monte à droite. Dans un entretien accordé à Ouest-France, le président du Sénat Gérard Larcher a minimisé l’impact que pourrait avoir la création d’un groupe réunissant le Rassemblement national et l’UDR au Sénat, tout en affichant sa volonté de préserver la majorité sénatoriale de droite et du centre. Des propos qui ont provoqué une réaction virulente d’Éric Ciotti, qui accuse le président du Sénat de sortir de son rôle.
Gérard Larcher aborde le scrutin avec confiance. Les municipales de mars ayant globalement conforté la droite et le centre, il estime que les candidats de la « majorité sénatoriale » devraient obtenir de bons résultats. Mais la progression du RN et de l’UDR dans plusieurs départements pourrait permettre à ces formations d’obtenir suffisamment d’élus pour constituer un groupe autonome au Palais du Luxembourg.
Ciotti accuse Larcher de vouloir empêcher la création du groupe
Dans son entretien, Gérard Larcher assure qu’une telle évolution « ne bouleverserait pas le Sénat ». Mais il ne cache pas que la majorité actuelle cherche à contenir la progression du RN et de ses alliés. Ces dernières semaines, le président du Sénat s’est d’ailleurs personnellement déplacé dans plusieurs départements sensibles pour soutenir les candidats LR face à la poussée de l’alliance RN-UDR.
Éric Ciotti a immédiatement dénoncé une attitude qu’il juge incompatible avec la fonction de président de la chambre haute. « Ses propos sont dangereux et inacceptables », a-t-il écrit sur X, demandant : « Quelles méthodes compte-t-il employer pour empêcher notre groupe ? » Le président de l’UDR appelle Gérard Larcher à retirer ses propos.
Une bataille qui dépasse les seules sénatoriales
Le conflit est aussi le prolongement de la rupture de 2024 au sein de la droite. Éric Ciotti avait alors choisi l’alliance avec le RN, tandis que Gérard Larcher avait été l’un de ses opposants les plus fermes en interne. Deux ans plus tard, cette fracture se rejoue au Sénat, où l’UDR espère désormais attirer suffisamment d’élus issus de LR ou élus avec le soutien du RN pour former son propre groupe.
À moins de trois semaines du scrutin, la bataille sénatoriale devient donc un nouveau front de la guerre entre la droite traditionnelle et l’union RN-UDR. Derrière la question technique de la constitution d’un groupe se joue surtout le rapport de force à droite à quelques mois de la présidentielle de 2027.

Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.