Le maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès, a annoncé ce mercredi la suspension immédiate de « tous les protagonistes » apparaissant dans la vidéo révélée par Midi Libre, dans laquelle plusieurs policiers municipaux tiennent des propos racistes, misogynes, homophobes, complotistes et putschistes. L’affaire, enregistrée en novembre 2025 à l’insu des agents par une caméra-piéton restée allumée, a provoqué une vive polémique nationale.
Face aux journalistes, Christophe Barthès a condamné des propos qu’il juge « à vomir » et « inexcusables ». « Je les condamne avec la plus grande fermeté car ils ne correspondent en rien aux valeurs de rassemblement que nous portons au sein de la majorité », a-t-il déclaré. Il a également précisé que le principal policier mis en cause n’était pas le chef de la police municipale, contrairement à ce qui avait pu être avancé.
Barthès insiste sur une affaire antérieure à son arrivée
Le maire a surtout tenu à rappeler que les faits remontent à novembre 2025, plusieurs mois avant son élection à la mairie en mars 2026. « Cette vidéo remonte à huit mois, période durant laquelle nous n’étions pas aux responsabilités à Carcassonne », a-t-il souligné, mettant directement en cause l’ancienne municipalité, qu’il accuse d’avoir laissé l’affaire s’enliser.
Dans un communiqué publié plus tôt dans la journée, la ville affirme également que la caméra individuelle à l’origine des images aurait été « dérobée », soulevant selon elle des questions sur les conditions de récupération et de diffusion des enregistrements. La municipalité assure qu’une remise à plat du fonctionnement de la police municipale a été engagée depuis l’arrivée de la nouvelle équipe, autour de trois principes : « professionnalisme, discipline et exemplarité ».
Le RN avait déjà suspendu le brigadier-chef de son service d’ordre
Le principal agent mis en cause, brigadier-chef et ancien militaire, apportait également son concours bénévole au Département protection sécurité, le service d’ordre du Rassemblement national. Dès mercredi matin, le parti avait annoncé sa suspension de cette structure. Laurent Jacobelli avait réclamé sur BFMTV une « sanction exemplaire », allant jusqu’à souhaiter son exclusion du RN et son départ de la police municipale.
Une enquête judiciaire avait déjà été ouverte par le parquet de Carcassonne en janvier 2026, tandis qu’une enquête administrative avait été engagée par la ville. Christophe Barthès promet désormais que « les sanctions seront à la hauteur de la gravité des faits », tout en cherchant à dissocier nettement cette affaire de son équipe municipale actuelle.

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