Le bilan de la catastrophe ferroviaire qui a frappé l’Espagne ce mercredi s’est considérablement alourdi. Au moins 68 personnes ont trouvé la mort dans la collision entre deux trains à grande vitesse près d’Urda, dans la province de Tolède, au sud de Madrid. Plus de 100 personnes ont également été blessées. Les nouvelles images aériennes diffusées par la Guardia Civil montrent l’ampleur des destructions, avec des wagons éventrés, des débris dispersés et des centaines de secouristes mobilisés. Ce nouveau drame frappe l’Espagne neuf mois seulement après la catastrophe ferroviaire d’Adamuz, qui avait fait 46 morts en janvier.
Un bilan qui ne cesse de s’alourdir : au moins 64 morts
Le bilan de la collision ferroviaire survenue près d’Urda, dans la province de Tolède, atteint désormais 68 morts. Le président de la région de Castille-La Manche, Emiliano García-Page, a annoncé cette nouvelle estimation alors que les opérations de secours se poursuivent sur les lieux de l’accident. Le nombre de victimes a augmenté tout au long de la journée, passant d’une dizaine de morts dans les premières heures à plusieurs dizaines en début d’après-midi.
Les équipes de secours continuent de fouiller les carcasses des trains pour retrouver les passagers qui pourraient encore se trouver à l’intérieur. Plus de 100 blessés ont également été recensés, certains ayant nécessité une prise en charge hospitalière urgente. Les autorités redoutent que le bilan humain ne s’alourdisse encore à mesure que progressent les recherches.
La catastrophe s’est produite à 8h54, au point kilométrique 118 de la ligne à grande vitesse reliant Madrid à Séville, entre les localités de Mora, Orgaz et Urda. Deux trains transportant au total 544 voyageurs sont entrés en collision, provoquant le déraillement de plusieurs voitures.
Les images aériennes révèlent l’ampleur de la catastrophe
Les nouvelles vidéos tournées par la Guardia Civil et diffusées notamment par Associated Press montrent un véritable champ de débris. Des wagons ont été éventrés sous la violence du choc, tandis que plusieurs voitures ont quitté les rails et basculé en contrebas de la voie ferrée. Les carcasses métalliques sont déformées et des morceaux des convois sont dispersés autour des voies.
Les images montrent également un déploiement considérable de moyens de secours. Des camions de pompiers, des ambulances, des véhicules de police et des équipes médicales ont été positionnés autour du lieu de l’accident. Des tentes de secours ont été installées à proximité des voies pour organiser la prise en charge des victimes.
Plus de 300 membres de la Guardia Civil participent aux opérations. Des unités spécialisées dans les recherches, des équipes cynophiles et des secouristes interviennent parmi les débris métalliques pour récupérer les victimes et rechercher d’éventuels survivants. Les opérations sont rendues particulièrement difficiles par l’état des voitures accidentées.
Un train Renfe a percuté un convoi Iryo immobilisé sur les voies
Les premiers éléments établissent qu’un train à grande vitesse de la compagnie publique Renfe a percuté par l’arrière un train de l’opérateur privé Iryo, immobilisé sur la voie. Les deux convois circulaient dans la même direction, entre Madrid et Séville.
Le train Renfe transportait 397 passagers, tandis que 147 personnes, dont un bébé, se trouvaient à bord du train Iryo. Sous la violence de l’impact, les deux voitures arrière du convoi Iryo ont déraillé et ont été projetées hors de la voie, sur un talus.
Les enquêteurs examinent notamment le fonctionnement de la signalisation ferroviaire et les décisions prises par le centre de contrôle de la circulation. Une éventuelle défaillance du système de signalisation et une erreur humaine dans la gestion du trafic figurent parmi les hypothèses étudiées. Les circonstances exactes de la collision devront être établies par les investigations techniques et judiciaires.
Quatre bureaux ouverts pour identifier les victimes
Face au nombre considérable de victimes, la Guardia Civil a ouvert quatre bureaux spécialisés à Madrid, Séville, Cordoue et Tolède. Ils permettent aux familles sans nouvelles de leurs proches de signaler leur disparition et de transmettre les informations nécessaires à leur identification.
Les enquêteurs recueillent notamment des renseignements physiques, des signes distinctifs et des prélèvements ADN auprès des proches des personnes disparues. Ces éléments doivent permettre d’identifier les corps récupérés dans les décombres et de prévenir les familles.
L’enquête judiciaire a été confiée à une magistrate du tribunal d’Orgaz, dans la province de Tolède. Les investigations devront déterminer les circonstances de la collision et établir d’éventuelles responsabilités pénales.
Neuf mois après les 46 morts d’Adamuz, les assurances du ministre des Transports refont surface
Cette catastrophe frappe l’Espagne seulement neuf mois après la collision ferroviaire d’Adamuz, qui avait fait 46 morts en janvier 2026. Les deux accidents ont touché le réseau à grande vitesse reliant Madrid à l’Andalousie, ravivant les inquiétudes concernant la sécurité ferroviaire espagnole.
Le 23 janvier, cinq jours après la première catastrophe, le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, avait pourtant assuré qu’un nouveau drame comparable était extrêmement improbable. Il avait déclaré : « La probabilité qu’un autre accident de cette nature se produise est très faible. Très, très faible. Soyez tranquilles. » Ces déclarations du ministre des Transports prennent une dimension particulière alors qu’un deuxième accident meurtrier frappe le pays en moins d’un an.
Avec au moins 64 morts, la collision d’Urda est devenue l’une des catastrophes ferroviaires les plus meurtrières en Espagne depuis celle de Saint-Jacques-de-Compostelle, en juillet 2013, qui avait coûté la vie à 80 personnes.
Le trafic ferroviaire suspendu entre Madrid et l’Andalousie
La collision a entraîné l’interruption complète de la circulation sur la ligne à grande vitesse reliant Madrid à l’Andalousie. Les liaisons entre Madrid, Ciudad Real et plusieurs villes du sud du pays sont touchées, sans date précise de reprise annoncée.
La compagnie Iryo a annulé ses départs depuis Madrid-Atocha vers le corridor ferroviaire sud. Renfe a également annoncé des possibilités de modification ou d’annulation sans frais pour les voyageurs concernés. Les équipes techniques doivent désormais sécuriser les lieux, retirer les voitures accidentées et examiner l’état des infrastructures avant toute reprise de la circulation.
Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, et le chef de l’opposition, Alberto Núñez Feijóo, ont annulé leurs engagements pour suivre la situation. Les autorités régionales ont activé le plan territorial d’urgence dès 9h15 afin de coordonner les interventions des pompiers, des forces de l’ordre et des services médicaux.
L’Espagne confrontée à sa deuxième catastrophe ferroviaire meurtrière de l’année
La succession de deux accidents aussi meurtriers en neuf mois place les autorités espagnoles face à de nouvelles interrogations sur la sécurité du transport ferroviaire. Après les 46 morts d’Adamuz en janvier, le nouveau bilan de 64 victimes près d’Urda porte à au moins 110 le nombre de personnes tuées dans ces deux catastrophes.
Les recherches se poursuivent parmi les décombres des trains, tandis que les familles attendent des nouvelles de leurs proches. Les investigations devront notamment déterminer pourquoi un train à grande vitesse a pu percuter un autre convoi immobilisé sur les voies et si les dispositifs de sécurité auraient dû empêcher la collision.









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