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Catastrophe ferroviaire en Espagne: après 46 morts en janvier, le ministre des Transports assurait qu’un nouvel accident était «très, très peu probable». Neuf mois plus tard, le drame se reproduit

Catastrophe ferroviaire en Espagne: après 46 morts en janvier, le ministre des Transports assurait qu’un nouvel accident était «très, très peu probable». Neuf mois plus tard, le drame se reproduit
Catastrophe ferroviaire en Espagne: après 46 morts en janvier, le ministre des Transports assurait qu’un nouvel accident était «très, très peu probable». Neuf mois plus tard, le drame se reproduit

Neuf mois après la catastrophe ferroviaire d’Adamuz, survenue le 18 janvier 2026 et qui avait coûté la vie à 46 personnes, l’Espagne est frappée par un nouveau drame. Ce mercredi, une collision entre deux trains à grande vitesse dans la province de Tolède a fait au moins 50 morts, selon un premier bilan qui pourrait s’alourdir. Une vidéo du ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, datant du 23 janvier, refait surface sur les réseaux sociaux. Cinq jours après le premier accident, il assurait que la probabilité d’une nouvelle catastrophe de cette nature était extrêmement faible.

« Très, très faible. Soyez tranquilles » : les assurances du ministre refont surface

Le 23 janvier 2026, cinq jours après la catastrophe ferroviaire d’Adamuz, en Andalousie, le ministre espagnol des Transports, Óscar Puente, avait tenu des propos particulièrement rassurants sur la sécurité du réseau ferroviaire. Interrogé sur le risque qu’un nouvel accident comparable se produise, il avait déclaré : « La probabilité qu’un autre accident de cette nature se produise est très faible. Très, très faible. Soyez tranquilles. »

Ces paroles ont pris une tout autre dimension ce mercredi 28 octobre, après une nouvelle collision meurtrière entre deux trains à grande vitesse dans la province de Tolède. L’extrait vidéo, diffusé notamment sur X, a été largement relayé, ravivant les critiques contre le ministre et sa gestion de la sécurité ferroviaire.

Le 18 janvier, la collision de deux trains à Adamuz, dans la province de Cordoue, avait provoqué la mort de 46 personnes, selon le bilan définitif établi après le décès d’une blessée le 30 janvier. Au moment où Óscar Puente avait prononcé ses déclarations rassurantes, le bilan n’était donc pas encore définitif. Le gouvernement espagnol avait alors multiplié les interventions publiques pour défendre la sécurité du réseau ferroviaire.

Une nouvelle collision entre deux trains à grande vitesse dans la province de Tolède

Ce mercredi 28 octobre, vers 8h54, un train AVE de la compagnie publique Renfe est entré en collision avec un convoi de l’opérateur privé Iryo, sur la ligne à grande vitesse reliant Madrid à Séville. L’accident s’est produit entre Los Yébenes et Urda, dans la province de Tolède, en Castille-La Manche.

Le train Renfe a percuté par l’arrière un train Iryo immobilisé sur la voie. La violence du choc a provoqué le déraillement de plusieurs voitures, dont certaines ont basculé dans un talus. Les secours ont été mobilisés en nombre pour prendre en charge les blessés et rechercher d’éventuelles victimes coincées dans les wagons accidentés.

Les premiers bilans officiels faisaient état d’au moins 10 morts, mais le nombre de victimes a été appelé à évoluer au fil des opérations de secours. Un bilan de 50 morts a également été annoncé, sans confirmation indépendante disponible à ce stade.

La circulation des trains à grande vitesse entre Madrid et l’Andalousie a été interrompue. Renfe a activé son dispositif d’assistance aux victimes et à leurs familles et mis en place un numéro spécial, le 900 10 10 20. Les voyageurs concernés par les perturbations peuvent également demander le remboursement ou la modification de leurs billets.

Un signal rouge franchi avant la collision : les enquêteurs recherchent les responsabilités

Les premières informations sur les circonstances de l’accident font apparaître un élément particulièrement préoccupant : le train Iryo se trouvait immobilisé sur la voie et le signal protégeant cette portion était au rouge. Malgré cette interdiction de passage, le train Renfe aurait reçu l’autorisation de poursuivre sa route avant de percuter le convoi arrêté.

Les enquêteurs cherchent à déterminer pourquoi cette autorisation a été donnée et à reconstituer les échanges entre le conducteur et le centre de contrôle. Le gestionnaire public des infrastructures ferroviaires, Adif, examine les données de ses installations et le fonctionnement des dispositifs de signalisation.

Une défaillance technique et une possible erreur humaine figurent parmi les pistes examinées. L’enquête judiciaire doit notamment établir les circonstances de l’immobilisation du train Iryo et les raisons pour lesquelles le convoi Renfe a pu poursuivre sa marche.

Les circonstances diffèrent de celles de la catastrophe d’Adamuz, où une rupture du rail avait été identifiée parmi les principales hypothèses. Les deux accidents concernent néanmoins le réseau ferroviaire espagnol, placé sous la responsabilité politique du même ministre.

Neuf mois après Adamuz, la sécurité ferroviaire de nouveau en question

La catastrophe du 18 janvier avait profondément marqué l’Espagne. Un train de l’opérateur privé Iryo avait déraillé à Adamuz avant de percuter un convoi de Renfe circulant en sens inverse. Le choc avait fait 46 morts et de nombreux blessés, entraînant une longue interruption des liaisons à grande vitesse entre Madrid et l’Andalousie.

Le rapport préliminaire publié le 23 janvier par la Commission d’enquête sur les accidents ferroviaires avait évoqué une possible rupture du rail antérieure au passage du train Iryo. Les investigations avaient notamment mis en évidence des marques sur les roues de plusieurs trains ayant circulé sur cette portion de voie.

La reprise du trafic ferroviaire entre Madrid et l’Andalousie, en février, avait été précédée de travaux et de contrôles. La nouvelle collision du 28 octobre relance les interrogations sur les conditions d’exploitation, la maintenance des installations et la fiabilité des systèmes de protection.

Óscar Puente de nouveau sous le feu des critiques

Après la collision de Tolède, Óscar Puente a suspendu son agenda et s’est rendu au centre de contrôle ferroviaire d’Atocha, à Madrid, pour suivre les opérations. Sur X, le ministre a indiqué être sur place afin de recueillir « toutes les informations possibles sur ce qui s’est passé ».

Le gouvernement espagnol a qualifié l’accident de très grave. Les autorités de Castille-La Manche ont également mobilisé leurs services d’urgence, tandis que le président régional, Emiliano García-Page, a annulé ses engagements pour se rendre sur les lieux de la catastrophe.

Pour Óscar Puente, cette nouvelle collision ravive une polémique particulièrement embarrassante. Le ministre avait défendu, le 23 janvier, les contrôles effectués sur les infrastructures ferroviaires et affirmé que les dispositifs de sécurité rendaient extrêmement improbable la répétition d’un accident comparable à celui d’Adamuz.

Neuf mois plus tard, ses paroles refont surface alors que l’Espagne est de nouveau endeuillée par une collision ferroviaire. La déclaration « Très, très faible. Soyez tranquilles » résonne désormais avec une force particulière, au moment où les enquêteurs tentent d’établir les responsabilités de cette nouvelle catastrophe.

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