En visite à Madrid pour rencontrer la présidente de la communauté de Madrid, le président argentin Javier Milei a qualifié Pedro Sánchez de « dictateur infréquentable », provoquant une réplique assumée du Premier ministre espagnol, qui a revendiqué haut et fort son appartenance à la gauche.
La visite de Javier Milei en Espagne, ce mercredi, n’avait rien d’une visite d’État ordinaire. Le président argentin, reçu par Isabel Díaz Ayuso, présidente de la communauté de Madrid et figure de proue du Parti populaire, a saisi l’occasion pour s’en prendre frontalement à Pedro Sánchez, chef du gouvernement espagnol, le traitant de « dictateur infréquentable » et appelant à chasser les socialistes du pouvoir « à coups de pied ».
La réponse de Sánchez ne s’est pas fait attendre. Dans une vidéo diffusée sur le réseau social X, le Premier ministre a retourné l’insulte en revendication : « Si augmenter les retraites, relever le salaire minimum ou défendre le droit à l’avortement, c’est être de gauche, je suis de gauche. » Une formule directement adressée à Milei, qui utilise le terme argentin « zurdo » — littéralement « gaucher », employé de façon péjorative pour désigner les personnes de gauche — comme une attaque rhétorique récurrente.
Sánchez a également modifié sa photo de profil sur X, remplaçant un cliché institutionnel par une image arborant le slogan « De gauche et fier de l’être » sur fond rouge. Le Parti socialiste ouvrier espagnol a, de son côté, déployé une banderole sur la façade de son siège de la rue Ferraz pour accueillir ironiquement le chef de l’État argentin.
Cette joute intervient à cinq semaines des élections générales espagnoles prévues le 29 novembre, ce qui explique en partie la prudence affichée par les dirigeants de la droite traditionnelle. Ni Alberto Núñez Feijóo, chef du Parti populaire, ni Santiago Abascal, leader de Vox, n’ont organisé de rencontre publique avec Milei. Feijóo ne s’est d’ailleurs jamais réuni formellement avec lui. Abascal, qui a bien partagé une tribune avec le président argentin lors du rassemblement Europa Viva 24 au palais de Vistalegre — aux côtés notamment de Marine Le Pen et de Viktor Orbán —, a indiqué qu’une rencontre privée était prévue, sans photo officielle.
La présence de Milei en Espagne a par ailleurs généré des tensions à La Corogne, où Abascal tenait un meeting. À l’issue de l’événement, des jets d’œufs et d’objets ont visé le cordon de sécurité, transformant une mobilisation initialement pacifique en incident. La manifestation, organisée par les Jeunesses socialistes avec la participation de membres de Galiza Nova, scandait le slogan « ils ne passeront pas ». Abascal a qualifié la Galice de « petite épine » pour Vox et a attaqué Sánchez, le traitant de « traître » et d’« arriviste », notamment sur la gestion de la situation à Ceuta.
Ce n’est pas la première fois que Milei et Ayuso se retrouvent : la présidente de la communauté de Madrid lui avait déjà remis la Médaille internationale de la communauté de Madrid en juin 2024, en pleine crise diplomatique entre Buenos Aires et Madrid.

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