Plus de trois mois après la mort de Lyhanna, 11 ans, les expertises médico-légales permettent enfin de mieux comprendre ce qui aurait provoqué son décès. Selon les informations révélées ce mardi 8 septembre par RMC, les examens complémentaires ont mis en évidence « un syndrome d’asphyxie mécanique », provoqué par une insuffisance respiratoire aiguë et compatible avec une obstruction des voies aériennes supérieures.
Jérôme Barella, principal suspect dans cette affaire, est détenu et mis en examen pour le viol et le meurtre de la collégienne. L’enquête doit désormais établir précisément comment cette asphyxie s’est produite et dans quelles circonstances Lyhanna a été privée d’oxygène.
Une asphyxie mécanique mise en évidence par les nouvelles expertises
L’autopsie réalisée après la découverte du corps n’avait pas permis d’établir avec certitude la cause de la mort. Les analyses complémentaires ordonnées par la justice apportent désormais un élément déterminant.
Les expertises font état d’une « insuffisance respiratoire aiguë », compatible avec une « asphyxie mécanique par obstruction des voies aériennes supérieures ». Concrètement, ce mécanisme correspond à une privation d’oxygène provoquée par l’obstruction des voies permettant à la victime de respirer.
Ces conclusions permettent donc d’expliquer le mécanisme physiologique ayant entraîné la mort de Lyhanna. Elles ne permettent toutefois pas, à elles seules, de déterminer exactement comment cette obstruction a été provoquée. C’est désormais l’un des points centraux de l’instruction.
Des traces d’entrave avaient été découvertes sur le corps de Lyhanna
Les premiers examens médico-légaux avaient déjà révélé plusieurs éléments particulièrement préoccupants. Des ecchymoses avaient été constatées sur les bras, les avant-bras, les poignets et les chevilles de la fillette. Les médecins légistes les avaient décrites comme « hautement évocatrices de lésions d’entrave provoquées par des liens ».
Lyhanna aurait donc été attachée avant sa mort, même si aucun lien n’avait été retrouvé sur son corps lors de sa découverte. Des contusions avaient également été observées au niveau des commissures des lèvres et sur la face interne de la bouche. Elles étaient compatibles avec des traumatismes ou des frottements survenus avant le décès. Ces constatations avaient été détaillées alors que les premières conclusions de l’autopsie ne permettaient toujours pas de déterminer la cause exacte de la mort de Lyhanna.
Aucune lésion au cou ne permettait d’expliquer sa mort
Un élément avait longtemps compliqué le travail des médecins légistes : aucune lésion traumatique cervicale visible n’avait été retrouvée. Aucune blessure interne ne permettait non plus d’expliquer directement le décès. Les traces d’entrave constatées sur les membres étaient, elles, considérées comme superficielles et n’avaient pas été identifiées comme la cause de la mort.
Face à cette absence d’explication immédiate, des analyses beaucoup plus poussées avaient été ordonnées, notamment des examens anatomopathologiques et toxicologiques. Ce sont ces expertises complémentaires qui permettent aujourd’hui de faire apparaître le syndrome d’asphyxie mécanique.
L’avocat des parents savait que la cause de la mort avait été identifiée
Début septembre, l’avocat des parents de Lyhanna avait déjà révélé que la cause du décès était désormais connue. Il avait cependant refusé d’en donner le détail publiquement afin de respecter le secret de l’instruction et de ne pas perturber les investigations. La révélation de RMC apporte désormais une réponse à la principale interrogation laissée ouverte depuis l’autopsie : Lyhanna serait morte par asphyxie. Reste une question essentielle : de quelle manière ses voies respiratoires ont-elles été obstruées ?
Lyhanna avait disparu à la sortie de son collège
Lyhanna avait disparu le 29 mai 2026 après avoir quitté son collège à Fleurance, dans le Gers. La fillette avait été vue montant dans un véhicule appartenant à Jérôme Barella, père de l’une de ses camarades. Son corps avait finalement été découvert six jours plus tard, le 4 juin, dans un silo agricole abandonné à Puycasquier, à une quinzaine de kilomètres de Fleurance. La découverte du corps avait mis fin à plusieurs jours de recherches.
Les investigations biologiques et médico-légales avaient ensuite conduit les enquêteurs à retenir également l’hypothèse de violences sexuelles. L’ADN de Jérôme Barella avait été retrouvé sur le corps de la fillette.
Jérôme Barella mis en examen pour viol et meurtre
Initialement poursuivi pour enlèvement et séquestration d’une mineure de moins de 15 ans, Jérôme Barella a ensuite été mis en examen pour meurtre sur mineure de moins de 15 ans précédé ou accompagné d’un viol, ainsi que pour viol sur mineure de moins de 15 ans par violence, contrainte, menace ou surprise.
L’affaire avait également révélé l’existence de nombreuses procédures, plaintes et signalements antérieurs concernant Jérôme Barella, soulevant de lourdes questions sur le traitement judiciaire des alertes qui avaient précédé la disparition de Lyhanna.
Avec ces nouvelles conclusions médico-légales, les enquêteurs disposent désormais d’un élément essentiel : Lyhanna serait morte d’une asphyxie mécanique provoquée par une obstruction de ses voies respiratoires. L’instruction doit maintenant déterminer précisément comment cette obstruction a été provoquée et reconstituer les dernières minutes de la fillette.

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