Buenos Aires a annoncé lundi des poursuites pénales contre Navitas Petroleum, société cotée à Tel Aviv, pour avoir mené des opérations d’exploration pétrolière dans les eaux disputées des îles Malouines. Cette décision fait suite au discours du président Javier Milei qui avait qualifié ces forages de « danger clair et urgent » pour la souveraineté argentine.
Le gouvernement argentin a officiellement annoncé qu’il déposerait des plaintes pénales contre Navitas Petroleum, plusieurs de ses filiales et leurs dirigeants. La compagnie détient 65 % du projet pétrolier offshore Sea Lion, situé à environ 209 kilomètres des îles Malouines dans le bassin nord de l’archipel, et dont le démarrage de production est prévu pour 2028. Le gisement est estimé à 1,7 milliard de barils de pétrole.
Buenos Aires soutient que ces forages violent la législation argentine interdisant l’exploitation de ressources naturelles sans autorisation des autorités du pays. « L’État continuera à prendre les mesures jugées nécessaires pour contrer tout acte portant atteinte aux droits souverains de la République argentine », indique le communiqué officiel.
Cette annonce intervient quelques jours seulement après un discours télévisé de Milei, dans lequel le président avait affirmé que « les Malouines sont argentines, historiquement et légalement », ajoutant que « les vents du changement » favorisaient la position de Buenos Aires. Il avait également balayé le résultat du référendum de 2013, lors duquel 99,8 % des habitants de l’archipel avaient voté pour le maintien sous souveraineté britannique, estimant qu’ils vivaient sur une terre « usurpée » et n’avaient donc « aucun droit légitime à l’autodétermination ».
Milei avait par le passé été critiqué par des vétérans argentins du conflit de 1982 pour sa ligne jugée trop conciliante envers Londres. Son discours de jeudi dernier, puis la plainte annoncée lundi, marquent un durcissement net de sa posture sur ce dossier.
Londres a répondu que sa position sur les Malouines restait « inébranlable ». Navitas Petroleum, pour sa part, avait déclaré la semaine dernière que les déclarations de Milei n’étaient « pas censées avoir d’effet significatif » sur le calendrier du projet Sea Lion. La compagnie n’a pas encore réagi à la plainte pénale. Rockhopper, qui détient une participation partielle dans le même projet, n’a pas non plus commenté. Les deux sociétés ont rappelé à plusieurs reprises que Sea Lion disposait de licences valides délivrées par les autorités des îles Malouines.
La souveraineté de l’archipel reste disputée entre le Royaume-Uni et l’Argentine depuis plus de quarante ans, après l’expulsion des forces argentines par une task force militaire britannique en 1982.

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