Le président argentin Javier Milei a annoncé son intention de soumettre au Parlement un projet de loi visant à sanctionner les entreprises énergétiques qui s’apprêtent à exploiter le gisement pétrolier Sea Lion, situé à environ 200 kilomètres des îles Malouines. Cette déclaration, faite depuis le palais présidentiel entouré de son cabinet, ravive les tensions avec Londres plus de quarante ans après la guerre de 1982.
Le gisement Sea Lion est au cœur du différend. Estimé à 1,7 milliard de barils, il doit faire l’objet de travaux d’exploration dans les deux prochaines années par le britannique Rockhopper Exploration et l’israélien Navitas Petroleum. Milei a qualifié ce projet de « danger clair et présent » pour les intérêts argentins.
« Si nous n’agissons pas rapidement, dans quelques mois ils auront la capacité matérielle d’accéder au pétrole qui se trouve sous notre mer, ce qui ne s’est jamais produit auparavant », a-t-il déclaré lors d’une allocution nationale. Le président a rappelé que les Malouines, que l’Argentine désigne sous le nom de Las Malvinas, lui appartiennent « historiquement et juridiquement ».
Une loi argentine en vigueur permet déjà de restreindre les activités des compagnies pétrolières participant à des projets jugés non autorisés autour des îles. Le nouveau texte proposé par Milei viendrait renforcer ce dispositif, même si les modalités précises des sanctions restent à définir.
Milei a également annoncé la création d’une base navale en Terre de Feu, dans le sud de l’Argentine, et s’est appuyé sur des signaux venus de Washington pour justifier son offensive diplomatique. Il a affirmé que les États-Unis « réévaluent leur position historique » sur la souveraineté des îles, décrivant le Royaume-Uni comme une nation « en déclin ».
Ces déclarations interviennent dans un contexte de rapprochement entre Buenos Aires et l’administration Trump. Quelques heures avant le discours de Milei, Sarah Rogers, une haute responsable du département d’État américain, avait publié une photo d’elle aux côtés du président argentin avec la légende : « Des choses passionnantes se passent dans l’hémisphère occidental. » Donald Trump avait par ailleurs déclaré, interrogé sur une éventuelle aide américaine au Royaume-Uni en cas de conflit territorial, que la Grande-Bretagne n’avait « pas été là pour l’aider » lors de la guerre contre l’Iran.
Londres maintient sa position. Le gouvernement britannique a réaffirmé cette semaine que les habitants des Malouines « sont britanniques et ont le droit de déterminer leur propre avenir ». Lors du référendum de 2013, 99,8 % des résidents avaient voté pour rester un territoire britannique d’outre-mer, seules trois personnes s’y étant opposées.
Le conflit de 1982 avait duré 74 jours après le débarquement des forces argentines sur l’archipel. Il avait coûté la vie à 255 militaires britanniques, 649 soldats argentins et trois habitants des îles.

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