À un peu plus de sept mois du premier tour de l’élection présidentielle, la bataille des 500 signatures est déjà bien engagée. David Lisnard affirme avoir atteint le seuil nécessaire, Marine Le Pen dépasse les 400 promesses tandis que Jean-Luc Mélenchon n’en compterait encore qu’un peu plus de 200. Plusieurs autres candidats ont lancé leur propre opération de séduction auprès des maires.
La course aux parrainages s’accélère. Alors que la campagne présidentielle entre progressivement dans une nouvelle phase, plusieurs candidats commencent désormais à communiquer sur le nombre de soutiens obtenus auprès des élus locaux.
En tête de cette bataille affichée, David Lisnard a annoncé mercredi 2 septembre avoir recueilli 500 promesses de parrainages. « De ce point de vue-là, on est tranquille », a affirmé le maire de Cannes, précisant avoir reçu 500 formulaires de promesses provenant d’élus de différentes régions. Ces engagements devront toutefois être confirmés lorsque la procédure officielle sera ouverte.
Marine Le Pen semble elle aussi relativement proche du seuil. Ce jeudi matin, Louis Aliot a affirmé que le Rassemblement national avait déjà obtenu « plus de 400 » promesses de signatures pour sa candidate. Le maire de Perpignan assure donc ne pas être inquiet, même s’il continue à dénoncer un système de parrainages qu’il juge mauvais.
Mélenchon autour de 200, de Villepin revendique « plusieurs centaines »
La situation apparaît moins confortable pour Jean-Luc Mélenchon. Selon les derniers chiffres rendus publics, La France insoumise disposerait actuellement d’un peu plus de 200 promesses de parrainages. LFI a lancé sa collecte depuis plusieurs mois et mobilise ses responsables locaux pour accélérer la recherche de signatures auprès des élus.
Un chiffre à ne pas confondre avec les 150 000 parrainages citoyens revendiqués par Jean-Luc Mélenchon au printemps. Cette consultation organisée par LFI avait une valeur politique, mais aucune valeur pour la qualification officielle à l’élection présidentielle : seules les signatures des élus habilités comptent juridiquement.
Dominique de Villepin se situe lui aussi dans la course. Invité de BFM Politique le 30 août, l’ancien Premier ministre a assuré disposer de « plusieurs centaines de parrainages », sans communiquer de chiffre plus précis. Ses équipes travaillent depuis plusieurs mois auprès des maires et des élus locaux.
François Ruffin a également lancé très tôt son opération « 500 maires ». Fin juin, son équipe revendiquait « une petite centaine » de promesses de signatures. Aucun décompte public plus récent ne permet pour l’instant d’établir précisément où il en est au 3 septembre.
D’autres candidats ont commencé à démarcher les élus sans rendre public leur compteur. le député socialiste Jérôme Guedj a par exemple adressé dès le mois de juillet une lettre aux maires de France pour solliciter leur parrainage.
Pour Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Raphaël Glucksmann ou Marine Tondelier, aucune comptabilité publique précise et récente comparable à celles de Lisnard, Le Pen ou Mélenchon n’a, à ce jour, été annoncée. Les importantes implantations territoriales de leurs formations constituent évidemment un atout, mais elles ne permettent pas encore de considérer leurs 500 signatures comme officiellement acquises.
Il faut toutefois relativiser ces compteurs à ce stade de la campagne. Certains candidats disposent déjà d’un appareil d’élus suffisamment structuré pour que la question des 500 signatures soit moins problématique une fois leur camp départagé. Ce sera notamment le cas à gauche pour le vainqueur de la primaire socialiste et de ses alliés : une fois un candidat unique désigné, une large partie des maires et élus locaux de cette famille politique devrait naturellement concentrer ses parrainages sur lui.
Même logique au centre et dans l’ancien bloc macroniste. Si Édouard Philippe, Gabriel Attal ou un autre prétendant finit par s’imposer comme candidat unique de ce camp, il pourra compter sur un important réseau de maires, parlementaires et élus territoriaux susceptibles de lui apporter rapidement les signatures nécessaires. Dans ces familles politiques, l’enjeu est donc moins de savoir si les 500 parrainages existent que de déterminer sur quel candidat ils finiront par se concentrer.
À l’inverse, la course aux 500 parrainages est beaucoup plus déterminante pour les candidatures indépendantes ou celles qui ne disposent pas d’un grand parti doté d’un réseau territorial dense. C’est notamment pour cette raison que David Lisnard, Dominique de Villepin ou François Ruffin communiquent très tôt sur leur collecte : démontrer leur capacité à franchir le seuil constitue déjà pour eux un test de crédibilité présidentielle.
À ce stade, le classement des promesses publiquement revendiquées est donc dominé par David Lisnard avec 500, devant Marine Le Pen avec plus de 400, Dominique de Villepin avec « plusieurs centaines », puis Jean-Luc Mélenchon avec un peu plus de 200. François Ruffin revendiquait pour sa part près d’une centaine de promesses au dernier pointage rendu public.
Mais aucun de ces chiffres ne vaut encore qualification pour le premier tour. Il s’agit à ce stade de promesses politiques. Les véritables présentations ne seront transmises au Conseil constitutionnel qu’une fois la procédure officiellement ouverte en 2027. C’est seulement après leur validation que la liste définitive des candidats à l’Élysée sera connue.

Communauté
Commentaires
Écrire un commentaire
Soyez le premier à commenter cet article.