Invité mercredi sur LCP, Julien Denormandie, ancien ministre de l’Agriculture et l’un des historiques de la macronie, a appelé à sortir des affrontements idéologiques sur les retenues d’eau agricoles. Pour l’ancien proche collaborateur d’Emmanuel Macron, la pertinence d’une bassine doit d’abord être déterminée par les caractéristiques du sol et des nappes phréatiques.
« Le seul personnage qui peut vous dire si oui ou non une bassine est possible, pertinente et même souhaitable, c’est le sol », a affirmé Julien Denormandie. Il estime que se déclarer systématiquement « pour » ou « contre » les bassines relève du « simplisme de la pensée ».
« Le seul personnage qu’il faut écouter, c’est le sol »
Ingénieur des ponts, des eaux et des forêts de formation, l’ancien ministre explique qu’une retenue peut avoir un intérêt lorsque les nappes phréatiques sont suffisamment remplies et que l’eau supplémentaire aurait de toute façon ruisselé. À l’inverse, prélever de l’eau dans une zone où les nappes ne parviennent déjà pas à se recharger poserait, selon lui, « un vrai problème environnemental ».
Julien Denormandie appelle donc à raisonner à l’échelle des bassins versants et non commune par commune. Une décision prise en amont d’un cours d’eau peut, rappelle-t-il, avoir des conséquences plusieurs centaines de kilomètres plus loin. Il défend ainsi une gestion « collégiale » de l’eau, fondée sur la connaissance scientifique et les réalités locales plutôt que sur une position politique uniforme.
Ancien directeur adjoint du cabinet d’Emmanuel Macron à Bercy, Julien Denormandie avait participé dès 2016 à la création d’En Marche ! avant d’occuper plusieurs postes ministériels à partir de 2017. Ministre de l’Agriculture entre 2020 et 2022, il avait notamment fait de la souveraineté alimentaire l’une de ses priorités.

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