Invité ce jeudi matin de RTL, Laurent Nuñez a répondu aux critiques formulées par Gérald Darmanin sur le traitement des dossiers de violences sexuelles sur mineurs. Le ministre de l’Intérieur conteste plusieurs éléments du courrier du garde des Sceaux et assure que policiers et gendarmes « font un travail remarquable ».
Après l’affaire Lyhanna, près de 90 000 plaintes pour violences sexuelles sur enfants ont été réexaminées en urgence. Laurent Nuñez reconnaît que cette mobilisation a conduit certains services à réaffecter temporairement des enquêteurs depuis d’autres contentieux, mais prévient que cette organisation « ne pourra pas durer » car les autres affaires doivent également continuer à être traitées.
« Ce n’est pas un sale coup »
Le ministre de l’Intérieur a également réagi au courrier adressé par Gérald Darmanin concernant de possibles dysfonctionnements dans le traitement de certains dossiers. « Ce n’est pas un sale coup, c’est un échange entre deux ministres », a-t-il assuré. Il regrette en revanche que ce document de travail ait fuité dans la presse : « Cet échange n’avait pas à être porté sur la place publique. »
Laurent Nuñez conteste notamment l’expression de « stocks fantômes » utilisée pour qualifier certaines procédures qui n’auraient pas été enregistrées dans le système informatique de la justice. Selon lui, l’absence d’enregistrement ne signifie pas nécessairement que les dossiers ont été oubliés. Il annonce qu’il répondra « point par point » au garde des Sceaux et qu’il contestera également plusieurs chiffres et critiques visant la formation ou l’implication des forces de sécurité.
Enfin, le ministre a voulu rassurer les victimes. « Il faut arrêter de donner l’illusion à nos concitoyens que les procédures ne sont pas menées à leur terme. C’est faux », a-t-il martelé, tout en reconnaissant que l’explosion du nombre de dossiers oblige police, gendarmerie et parquets à hiérarchiser les urgences.

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