Jordan Bardella ouvre un nouveau front contre Richard Ferrand. En déplacement à Madrid ce mardi 13 octobre, le président du Rassemblement national s’en est vivement pris au président du Conseil constitutionnel, qu’il accuse de manquer à son devoir de réserve. En cause : les réserves exprimées par Richard Ferrand sur la possibilité de modifier directement la Constitution par référendum, comme le souhaite Marine Le Pen. Bardella dénonce un « chef de clan socialiste » et affirme que les Français doivent pouvoir trancher eux-mêmes les grandes orientations institutionnelles du pays.
La polémique porte sur l’utilisation de l’article 11 de la Constitution, qui permet au président de la République de soumettre certaines catégories de projets de loi à référendum. Marine Le Pen souhaite notamment utiliser cette procédure pour instaurer plusieurs dispositions liées à la préférence nationale. Mais Richard Ferrand considère que la révision de la Constitution doit suivre la procédure prévue à l’article 89, impliquant notamment un vote préalable de l’Assemblée nationale et du Sénat.
Bardella conteste les limites posées au référendum
Le président du RN refuse cette interprétation restrictive. Il considère que le recours direct au peuple doit permettre de dépasser les blocages parlementaires et estime que Richard Ferrand ne saurait empêcher l’organisation d’un référendum voulu par les électeurs et un futur président de la République.
En qualifiant le président du Conseil constitutionnel de « chef de clan socialiste », Jordan Bardella met directement en cause son impartialité institutionnelle. Cette attaque intervient alors que Richard Ferrand, ancien président de l’Assemblée nationale et proche d’Emmanuel Macron, occupe une fonction qui implique un devoir d’indépendance à l’égard des formations politiques.
Le désaccord repose sur une question constitutionnelle ancienne. L’article 89 organise explicitement la révision de la Constitution, tandis que l’article 11 a notamment été utilisé par le général de Gaulle en 1962 pour instaurer l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Cette utilisation reste un précédent historique majeur, mais son interprétation juridique demeure débattue.

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