Jordan Bardella s’en prend à La France insoumise sur la question de la liberté de la presse. Le président du Rassemblement national accuse le mouvement de Jean-Luc Mélenchon de céder à une « tentation totalitaire » en souhaitant, selon lui, « fermer » CNews. Cette déclaration relance les tensions politiques autour de la chaîne d’information du groupe Canal+, régulièrement critiquée par une partie de la gauche pour sa ligne éditoriale et la place accordée aux débats politiques. En défendant la liberté d’expression et le pluralisme médiatique, Jordan Bardella entend dénoncer ce qu’il considère comme une volonté d’écarter du paysage audiovisuel une chaîne dont les orientations déplaisent à ses adversaires politiques.
Le désaccord dépasse toutefois le seul cas de CNews. Depuis plusieurs années, La France insoumise critique la concentration des médias entre les mains de grands groupes privés et défend un renforcement des garanties d’indépendance éditoriale. Plusieurs responsables du mouvement mettent également en cause le traitement de l’actualité politique sur certaines antennes. De son côté, le Rassemblement national dénonce régulièrement les initiatives qu’il considère comme des tentatives de restriction de la liberté d’expression. Les deux formations s’opposent ainsi sur la manière de garantir le pluralisme : les uns insistent sur la régulation des médias et la diversité des opinions représentées, tandis que les autres mettent en garde contre les risques d’intervention politique dans le fonctionnement des rédactions.
Une pétition contre CNews dépasse les 950 000 signatures
Cette polémique intervient alors qu’une pétition demandant la fermeture de CNews connaît une forte mobilisation. Vendredi 6 novembre, elle avait recueilli plus de 950 000 signatures, un niveau susceptible de conduire à l’organisation d’un débat à l’Assemblée nationale. Les députés doivent prochainement décider des suites parlementaires à lui donner. Le groupe La France insoumise soutient cette démarche, mais une pétition, même largement signée, ne peut entraîner à elle seule la fermeture d’une chaîne de télévision. Une éventuelle sanction relève du cadre légal applicable à l’audiovisuel et des compétences de l’Arcom, autorité indépendante chargée notamment de veiller au respect des obligations des diffuseurs. Pour Jordan Bardella, cette mobilisation traduit une volonté de faire taire une partie du débat public, tandis que les défenseurs de la pétition mettent en avant leurs préoccupations concernant le pluralisme de l’information.
Le président du RN a également réagi aux déclarations de Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, qui avait appelé, après l’attentat raciste de Trappes, à empêcher le Rassemblement national de s’exprimer pendant la campagne présidentielle lorsqu’il tient des propos racistes. Jordan Bardella a dénoncé une nouvelle atteinte à la liberté d’expression. Il a par ailleurs annoncé que, dans l’hypothèse d’une victoire de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027 et de sa propre nomination à Matignon, il demanderait à l’Union européenne d’inscrire les organisations d’ultragauche qu’il vise sur la liste des organisations terroristes. Ces déclarations témoignent du durcissement des échanges entre le RN et LFI à l’approche de l’élection présidentielle, sur fond de désaccords concernant la liberté de la presse, les limites de l’expression politique et la lutte contre les violences.









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