Bruno Retailleau entend faire du travail l’un des principaux thèmes de sa campagne présidentielle, le candidat des Républicains a détaillé ce jeudi sa volonté de mettre fin au cadre légal des 35 heures et d’encourager les salariés à travailler davantage. Il propose notamment d’ajouter trente minutes à chaque journée de travail, portant ainsi la durée hebdomadaire à 37 h 30 sur une base de cinq jours. En contrepartie, l’ancien ministre de l’Intérieur promet une augmentation substantielle des rémunérations grâce à la suppression des cotisations sociales sur les heures supplémentaires. Selon lui, ce mécanisme pourrait permettre de toucher l’équivalent de « quasiment deux mois supplémentaires », soit un treizième et un quatorzième mois.
Le président des Républicains souhaite exonérer totalement de cotisations salariales et patronales les heures effectuées au-delà de la trente-cinquième heure hebdomadaire. Il estime que cette mesure permettrait de réduire le coût de ces heures pour les employeurs tout en augmentant la rémunération nette des salariés. Bruno Retailleau considère notamment que les petites et moyennes entreprises sont aujourd’hui freinées par le coût du travail lorsqu’elles souhaitent proposer davantage d’heures à leurs employés. Son projet consisterait également à donner une plus grande place aux négociations au niveau des branches et des entreprises, avec la possibilité de conserver une organisation à 35 heures là où les partenaires sociaux le décideraient.
Retailleau veut également plafonner les aides sociales à 70 % du Smic
Le candidat LR associe cette réforme à un durcissement de sa politique sociale. Il défend la création d’un compte social unique permettant de recenser les prestations versées à chaque bénéficiaire, avec un plafonnement des aides non contributives à 70 % du Smic net par adulte. L’objectif affiché est de garantir un écart entre les revenus du travail et ceux de la solidarité. Son programme prévoit toutefois des exceptions, notamment pour les prestations liées au handicap, à la dépendance et à la vieillesse. Les allocations chômage et les pensions de retraite ne seraient pas intégrées à ce plafond. Cette proposition suscite des interrogations sur ses conséquences pour les ménages les plus modestes et sur les économies réellement susceptibles d’en découler.
Les promesses salariales de Bruno Retailleau restent également à préciser. Le gain annoncé dépendrait du niveau de rémunération initial, du nombre d’heures supplémentaires effectivement travaillées et des modalités de leur paiement. Le coût d’une exonération totale des cotisations sur ces heures poserait par ailleurs la question de son financement pour les comptes sociaux. Cette offensive intervient au moment où le gouvernement envisage lui-même une revalorisation du Smic pour répondre à la contestation sociale. Mais les deux approches diffèrent : là où l’exécutif réfléchit à une hausse du salaire minimum, Bruno Retailleau souhaite avant tout augmenter les revenus par le temps de travail et la réduction des prélèvements.









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