David Lisnard est prêt à affronter Édouard Philippe dans une primaire de la droite et du centre, mais certainement pas à se rallier à lui. Invité de BFMTV mardi 3 novembre, le maire de Cannes et candidat de Nouvelle Énergie à l’élection présidentielle de 2027 a précisé les conditions dans lesquelles il accepterait de participer à une compétition commune avec les autres prétendants. « Je ne soutiendrai pas Édouard Philippe s’il gagnait la primaire, mais je respecterai [le résultat] », a-t-il déclaré. Une position qui résume sa stratégie : accepter le verdict des électeurs sans renoncer à ses convictions ni cautionner un projet politique qu’il combat.
Le président de Nouvelle Énergie défend depuis plusieurs mois l’organisation d’une grande primaire ouverte à la droite et au centre. Son objectif est d’éviter la multiplication des candidatures au premier tour, tout en refusant les accords conclus entre responsables politiques à huis clos. « Je ne leur demande pas de me soutenir s’ils ne croient pas en moi et en mon projet, mais au moins d’accepter de ne pas nuire jusqu’à l’élection », a-t-il expliqué. David Lisnard propose ainsi une règle de réciprocité : le perdant ne serait pas tenu de soutenir publiquement le vainqueur, mais devrait s’engager à ne pas entraver sa campagne. Une conception de la primaire qui tranche avec les habituelles promesses de ralliement entre candidats d’une même famille politique.
Édouard Philippe, « constructeur du macronisme » selon David Lisnard
Le maire de Cannes n’a pas ménagé l’ancien Premier ministre, qui a confirmé dimanche soir sur TF1 son refus de participer à une primaire. Édouard Philippe estime qu’une telle compétition ne ferait qu’ajouter de la division et de la confusion, notamment entre les héritiers d’Emmanuel Macron et ceux qui souhaitent rompre avec sa politique. Un argument que David Lisnard lui retourne. Interrogé sur les liens du président d’Horizons avec le macronisme, il a répondu sans détour : « C’est plus qu’un héritier, ça a été un constructeur du macronisme. » Une manière de rappeler qu’Édouard Philippe a dirigé le premier gouvernement d’Emmanuel Macron entre 2017 et 2020, et qu’il ne peut, selon lui, se présenter comme étranger au bilan du chef de l’État.
Cette nouvelle passe d’armes souligne les profondes divergences entre les prétendants du centre et de la droite. Gabriel Attal continue de défendre une primaire qu’il juge inéluctable, tandis que Bruno Retailleau exprime des réserves sur son périmètre et qu’Édouard Philippe refuse d’y participer. David Lisnard maintient pour sa part sa proposition d’une compétition ouverte, qu’il présente comme un moyen de départager les personnalités et les projets avant le scrutin présidentiel. Mais il entend conserver son indépendance politique, y compris en cas de défaite. Une ligne qui pose une question aux partisans d’une candidature commune : une primaire peut-elle véritablement rassembler si ses participants ne s’engagent pas à soutenir celui qui l’emporte ?









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