Invité de BFMTV et RMC ce mardi 3 novembre, Gérald Darmanin a reconnu qu’Édouard Philippe risquait de ne pas accéder au second tour de l’élection présidentielle de 2027. Le ministre de la Justice appelle néanmoins Gabriel Attal et Bruno Retailleau à se rassembler derrière l’ancien Premier ministre, estimant qu’il est désormais trop tard pour organiser une primaire de la droite et du centre.
À quelques mois de l’élection présidentielle, Gérald Darmanin affiche ses inquiétudes concernant l’avenir du bloc central. Interrogé ce mardi 3 novembre sur BFMTV et RMC, le garde des Sceaux a reconnu qu’Édouard Philippe, qu’il soutient officiellement depuis le mois d’août, n’était pas assuré de se qualifier pour le second tour. Selon lui, le maire du Havre reste néanmoins le candidat le mieux placé au sein de cette famille politique. Il souligne que l’ancien Premier ministre recueille généralement entre 15 et 17 % des intentions de vote dans les enquêtes d’opinion, tout en reconnaissant que ce niveau demeure insuffisant pour garantir sa qualification. Dans une étude Cluster17 réalisée pour Politico et publiée le 26 octobre, Édouard Philippe était crédité de 16 % des intentions de vote, derrière Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Ces résultats constituent toutefois une photographie des rapports de force à un moment donné et non une prévision du résultat de l’élection.
Pour Gérald Darmanin, la multiplication des candidatures à droite et au centre constitue désormais un obstacle majeur. Le ministre appelle directement Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, et Bruno Retailleau, président des Républicains, à soutenir Édouard Philippe plutôt qu’à poursuivre leurs ambitions présidentielles respectives. Il leur propose de présenter leurs principales priorités programmatiques afin d’engager une discussion avec le candidat d’Horizons. Cette stratégie repose sur l’idée qu’un rassemblement négocié serait préférable à une compétition interne. Le garde des Sceaux reconnaît pourtant ne pas partager l’ensemble des orientations politiques de l’ancien Premier ministre, notamment sur les questions sociales. Il estime cependant qu’un soutien à sa candidature permettrait de peser davantage sur son programme.
La primaire divise toujours la droite et le centre
Le ministre de la Justice a également pris ses distances avec une proposition qu’il défendait encore au début de l’année : l’organisation d’une primaire pour départager les prétendants à l’Élysée. En février, Gérald Darmanin appelait à une consultation commune afin d’éviter une dispersion des voix au premier tour. Neuf mois plus tard, il considère que le calendrier ne permet plus de mettre en place une telle procédure. Cette position rejoint celle d’Édouard Philippe, qui refuse depuis plusieurs mois de participer à une primaire, estimant qu’elle risquerait d’accentuer les divisions. Gabriel Attal défend au contraire cette solution, qu’il présente comme un moyen de désigner un candidat commun de manière transparente. François Bayrou et David Lisnard se sont également prononcés en faveur d’une primaire, tandis que Bruno Retailleau se montre ouvert à cette possibilité sous certaines conditions.
Derrière ce désaccord sur la méthode se joue une confrontation stratégique entre plusieurs responsables politiques qui cherchent à incarner l’après-Macron. Édouard Philippe mise sur son expérience gouvernementale et sur les soutiens qu’il rassemble progressivement, tandis que Gabriel Attal entend défendre sa propre ligne politique et refuse de considérer qu’un candidat serait naturellement désigné. Bruno Retailleau cherche, de son côté, à préserver l’autonomie de la droite républicaine. Le ralliement de Gérald Darmanin au maire du Havre, officialisé en août, n’a donc pas suffi à résoudre les divergences. À mesure que l’échéance présidentielle approche, la question d’une candidature commune devient un sujet central pour ces formations. Reste à savoir si leurs dirigeants parviendront à trouver un accord politique ou s’ils choisiront de présenter plusieurs candidats au premier tour du scrutin.









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