Marc Fesneau veut une primaire ouverte, mais pas à tout le monde. Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, le président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale défend une consultation allant des sociaux-démocrates à la droite républicaine, tout en souhaitant en écarter David Lisnard. En cause, les positions du maire de Cannes vis-à-vis du Rassemblement national, que le proche de François Bayrou juge ambiguës. Une conception du rassemblement qui ne manque pas de contradictions, alors que les principaux prétendants peinent déjà à s’accorder sur les règles du scrutin.
Pour Marc Fesneau, le périmètre de la future primaire doit dépasser les frontières traditionnelles du centre et de la droite. « Une primaire uniquement de la droite et du centre nous enfermerait dans des schémas anciens », explique-t-il, plaidant pour une compétition réunissant des personnalités allant de la gauche sociale-démocrate à la droite républicaine. Mais cette ouverture revendiquée s’arrête aux portes de Nouvelle Énergie. Le député du Loir-et-Cher accuse David Lisnard de préparer une alliance avec l’extrême droite, « comme Sarah Knafo ». Une accusation particulièrement lourde, fondée notamment sur les déclarations du maire de Cannes affirmant qu’il voterait pour Marine Le Pen dans l’hypothèse d’un second tour face à Jean-Luc Mélenchon.
David Lisnard dénonce des accusations mensongères et réaffirme son indépendance
La réponse du maire de Cannes n’a pas tardé. Dimanche soir, David Lisnard a assuré qu’il ne gouvernerait « ni avec les macronistes ni avec le RN », dénonçant des attaques qu’il juge mensongères et réaffirmant l’indépendance de sa démarche. Le président de Nouvelle Énergie, qui défend depuis plusieurs mois l’organisation d’une grande primaire ouverte de la droite et du centre, se retrouve ainsi contesté par un responsable du MoDem pourtant favorable au principe même d’une consultation. La position de Marc Fesneau soulève d’autant plus de questions que Raphaël Glucksmann, dont il souhaite inclure la famille politique dans le rassemblement, a déjà fait savoir par son entourage qu’il ne participerait pas à une telle compétition. Autrement dit, le député centriste défend l’ouverture à des personnalités qui refusent la primaire, tout en souhaitant exclure un candidat qui la réclame.
Cette passe d’armes intervient au moment où Gabriel Attal tente de convaincre ses partenaires de désigner un candidat commun pour 2027. Édouard Philippe a confirmé dimanche soir sur TF1 qu’il ne participerait pas à cette primaire, tandis qu’Aurore Bergé plaide pour une formule limitée à la droite et au centre, incluant notamment Nouvelle Énergie. Les désaccords ne portent donc plus seulement sur le choix d’un candidat, mais sur le droit même de participer à la compétition. En voulant fixer des frontières politiques avant toute consultation, Marc Fesneau prend le risque d’ajouter une querelle supplémentaire à un processus déjà difficile à mettre en place.









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