L’échange n’aura duré que quelques heures, mais il illustre les tensions qui traversent la droite à l’approche de la présidentielle. Invité mercredi 4 novembre de BFMTV, Bruno Retailleau a exclu de nommer Jordan Bardella à Matignon s’il était élu président de la République. Une hypothèse immédiatement balayée par le président du Rassemblement national, qui lui a répondu sur X : « En effet, car vous ne serez pas président de la République, ni même candidat. » Une réplique destinée à renvoyer le président des Républicains à ses propres difficultés dans la course à l’Élysée.
Interrogé sur la composition de son éventuel gouvernement, Bruno Retailleau avait affirmé qu’il choisirait un Premier ministre qui ne serait pas issu du Rassemblement national. L’ancien ministre de l’Intérieur a également écarté Éric Zemmour, qu’il qualifie d’« idéologue » et dont il dit ne pas partager les convictions. Une volonté de marquer ses distances avec les formations situées à sa droite, alors que la question des alliances continue de diviser Les Républicains et que plusieurs responsables politiques cherchent à construire une candidature commune pour 2027.
Une nouvelle passe d’armes sur fond de primaire
La réponse de Jordan Bardella intervient au moment où Bruno Retailleau revoit sa position sur la primaire de la droite et du centre. Celui-ci estime désormais qu’une consultation pourrait être nécessaire au début de l’année prochaine pour départager les principaux prétendants. Une évolution qui l’amène à envisager une compétition avec Gabriel Attal, Édouard Philippe et David Lisnard. Le président du RN lui oppose, lui, la question de sa capacité à obtenir l’investiture de son propre camp puis à convaincre les électeurs.
Cette confrontation témoigne des divergences persistantes entre la droite traditionnelle et le Rassemblement national, notamment sur la stratégie de conquête du pouvoir. Bruno Retailleau souhaite défendre une candidature indépendante du RN, tout en participant éventuellement à une primaire avec les représentants du centre.









Réagir à l’article
Soyez le premier à commenter cet article.