C’est un sérieux revers pour Fabien Roussel à moins de six mois de l’élection présidentielle. Neuf des dix-sept députés du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR), qui rassemble des élus communistes et ultramarins à l’Assemblée nationale, ont annoncé jeudi 5 novembre leur soutien à Jean-Luc Mélenchon plutôt qu’au candidat du Parti communiste français. Parmi les signataires figure Stéphane Peu, président du groupe parlementaire et député de Seine-Saint-Denis. Dans une déclaration transmise à l’AFP, les élus expliquent vouloir dépasser leurs appartenances partisanes face aux enjeux du scrutin. Ils précisent toutefois qu’aucun d’entre eux n’envisage de rejoindre La France insoumise.
Le ralliement est d’autant plus significatif qu’il intervient alors que Fabien Roussel a déjà engagé sa campagne présidentielle, avec l’ambition de défendre une ligne communiste distincte de celle de Jean-Luc Mélenchon. Parmi les neuf signataires figurent quatre des huit députés communistes du groupe et cinq élus ultramarins. Stéphane Peu assume publiquement sa décision, qu’il présente comme une forme d’« objection de conscience ». La députée des Hauts-de-Seine Elsa Faucillon défend également ce choix, estimant que les convergences politiques avec La France insoumise l’emportent sur les désaccords. Pour ces parlementaires, la priorité est désormais de soutenir une candidature commune de la gauche de rupture dès le premier tour.
Un désaveu pour Roussel malgré le vote des militants communistes
Cette décision intervient pourtant deux mois après le choix exprimé par les adhérents du PCF, qui avaient voté à 72 % en faveur de la candidature de Fabien Roussel. Le secrétaire national communiste entendait notamment défendre son programme économique, centré sur les salaires, le travail et le pouvoir d’achat. Mais les divergences stratégiques avec une partie de ses parlementaires apparaissent désormais au grand jour. En 2022, Fabien Roussel avait obtenu 2,28 % des suffrages, tandis que Jean-Luc Mélenchon avait recueilli 21,95 %. Les deux hommes avaient alors échoué à s’entendre sur une candidature commune, après deux élections présidentielles, en 2012 et 2017, durant lesquelles le PCF avait soutenu Mélenchon.
Sollicité par l’AFP, l’entourage de Fabien Roussel a refusé de commenter ce qu’il considère comme un choix personnel des députés concernés. À La France insoumise, l’annonce a été accueillie favorablement. Paul Vannier, chargé des relations avec les autres formations politiques, y voit une étape supplémentaire dans le rassemblement autour de Jean-Luc Mélenchon.









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