Emmanuel Macron cherche une issue à la division de son camp à moins de six mois de l’élection présidentielle. Selon les informations du Monde, publiées mercredi 4 novembre, le chef de l’État défend désormais auprès de ses interlocuteurs l’idée d’une vaste coalition allant de Raphaël Glucksmann à David Lisnard, en passant par les principales personnalités du centre. Son objectif : faire émerger une candidature unique susceptible d’éviter un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Une stratégie qui traduit les inquiétudes grandissantes de l’Élysée face aux derniers sondages, dans lesquels les candidats issus de l’ancienne majorité présidentielle peinent à s’imposer.
Le président de la République considère que la vie politique française demeure structurée autour de trois grands blocs et qu’aucun candidat du centre ne pourra se qualifier sans un rassemblement préalable. Selon un interlocuteur d’Emmanuel Macron cité jeudi par l’AFP, le chef de l’État estime que les convergences sur l’Europe, l’État de droit, l’économie de marché et le rejet des extrêmes sont plus importantes que les divergences entre Raphaël Glucksmann et David Lisnard. L’ambition ne se limiterait d’ailleurs pas à la présidentielle : une telle coalition permettrait également, en cas de victoire, de préparer une majorité à l’Assemblée nationale. Mais les différences programmatiques entre les personnalités concernées, notamment sur l’immigration, la fiscalité et les retraites, rendent cette perspective particulièrement difficile à concrétiser.
Une coalition sans primaire, à rebours des propositions d’Attal, Retailleau et Lisnard
Contrairement à Gabriel Attal, Bruno Retailleau et David Lisnard, Emmanuel Macron ne privilégie pas l’organisation d’une primaire pour départager les prétendants. Le chef de l’État souhaiterait d’abord voir les différentes formations travailler sur un projet commun, avant de rechercher un accord sur la personnalité chargée de le défendre. Une méthode qui se heurte déjà aux stratégies individuelles des candidats. Édouard Philippe refuse de participer à une primaire, tandis que David Lisnard, pourtant favorable à une consultation ouverte de la droite et du centre, a récemment assuré qu’il ne gouvernerait « ni avec les macronistes ni avec le RN ». Quant à Raphaël Glucksmann, il entend préserver l’autonomie de sa candidature sociale-démocrate. À ce stade, aucun accord n’a été conclu entre les responsables politiques que le président souhaiterait réunir.
Cette réflexion intervient alors qu’Emmanuel Macron prépare la fin de son second quinquennat sans pouvoir solliciter un nouveau mandat. Toujours selon Le Monde, le chef de l’État aurait indiqué à ses anciens ministres qu’ils n’auraient pas à défendre son bilan pendant la campagne, dont il entend assumer personnellement la responsabilité. Une manière de leur laisser davantage de liberté pour construire leur propre projet, tout en les encourageant à s’entendre. Le président envisagerait également la possibilité d’intervenir publiquement dans le débat présidentiel, sans avoir arrêté sa décision.









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