Laurent Nuñez pourrait devoir répondre devant la Cour de justice de la République de sa gestion du maintien de l’ordre. Vendredi 6 novembre, les avocats d’au moins 18 personnes blessées lors des manifestations contre la vie chère et du mouvement lycéen ont annoncé leur intention de déposer une plainte collective visant le ministre de l’Intérieur. Lors d’une conférence de presse organisée dans les locaux de la Ligue des droits de l’homme à Paris, Me Arié Alimi a directement mis en cause les instructions données aux forces de sécurité concernant l’utilisation des lanceurs de balles de défense et de certaines grenades. Le dépôt de la plainte est envisagé dans un délai de quinze jours à trois semaines.
Les avocats reprochent au ministre d’avoir maintenu l’utilisation d’équipements qu’ils considèrent comme dangereux, malgré les blessures graves constatées chez plusieurs manifestants. Certaines victimes auraient notamment subi des mutilations aux mains ou des lésions oculaires. Me Arié Alimi estime que Laurent Nuñez ne pouvait ignorer les conséquences possibles de l’emploi de ces armes. Les qualifications envisagées comprennent notamment des violences volontaires ayant entraîné des mutilations, la mise en danger de la vie d’autrui et la complicité par instigation. Ces accusations relèvent, à ce stade, de l’argumentation des plaignants et n’ont donné lieu à aucune décision judiciaire établissant la responsabilité du ministre.
Laurent Nuñez refuse de renoncer aux grenades et aux LBD
Cette initiative intervient quelques jours après les déclarations de Laurent Nuñez devant les parlementaires. Le ministre a réaffirmé qu’il ne renoncerait pas aux moyens intermédiaires de maintien de l’ordre, considérant que les policiers et les gendarmes doivent disposer d’équipements adaptés lorsqu’ils sont confrontés à des groupes violents. Il défend un usage encadré et proportionné de la force, tandis que les avocats des manifestants blessés contestent précisément les conditions dans lesquelles ces armes ont été employées. Le débat se concentre désormais sur les instructions données au niveau ministériel et leur éventuel rôle dans les blessures recensées.
Selon un décompte établi au 30 octobre, l’Inspection générale de la police nationale avait déjà été saisie de 105 enquêtes concernant les violences survenues depuis le début du mouvement social, dont 52 dans le cadre de la mobilisation lycéenne et 48 liées aux journées des 17 et 18 octobre. La procédure annoncée devant la Cour de justice de la République est distincte de ces investigations, puisqu’elle viserait la responsabilité pénale éventuelle d’un membre du gouvernement dans l’exercice de ses fonctions.









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