Nouvelle offensive judiciaire de La France insoumise contre le gouvernement. Ce mardi 20 octobre, Manuel Bompard a annoncé sur franceinfo son intention de saisir la Cour de justice de la République contre Laurent Nuñez. Le coordinateur national de LFI accuse le ministre de l’Intérieur d’avoir potentiellement participé à une manipulation des renseignements territoriaux visant à faire porter à son mouvement la responsabilité des violences du 17 octobre. Des accusations particulièrement graves, formulées après la publication d’une enquête de Mediapart, mais qui ne sont pas établies judiciairement à ce stade.
La polémique trouve son origine dans les révélations de Mediapart, selon lesquelles des consignes auraient été données à des services de renseignement pour orienter leurs analyses vers une implication de La France insoumise dans les violences survenues pendant les manifestations. Le journal s’appuie notamment sur le témoignage d’un responsable du renseignement évoquant des pressions exercées sur la production de certaines notes. Manuel Bompard considère que ces éléments, s’ils étaient confirmés, pourraient révéler une instrumentalisation des services de l’État à des fins politiques.
Bompard évoque un possible abus d’autorité
Invité de franceinfo, le coordinateur insoumis a dénoncé ce qu’il présente comme une tentative de fabriquer une responsabilité politique de LFI dans les événements du 17 octobre. Il estime que la manipulation éventuelle du travail des renseignements territoriaux constituerait un « scandale d’État » et évoque la possibilité d’un abus d’autorité. Manuel Bompard souhaite que Laurent Nuñez puisse répondre de ces accusations devant la Cour de justice de la République, compétente pour juger les crimes et délits éventuellement commis par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions.
Cette annonce intervient dans un contexte particulièrement tendu entre LFI et le ministère de l’Intérieur. Depuis plusieurs semaines, Laurent Nuñez accuse certains responsables insoumis d’entretenir un climat favorable aux violences, notamment en participant à des blocages lycéens. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon conteste fermement ces accusations et reproche au gouvernement de chercher à détourner l’attention des défaillances du maintien de l’ordre. Lundi, le ministre avait lui-même reconnu un manque d’anticipation des violences du 17 octobre et révélé avoir présenté sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a refusée.

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