Yaël Braun-Pivet reconnaît ouvertement les défaillances de l’État après les violences qui ont secoué la France les 17 et 18 octobre. Invitée de France Inter ce mardi 20 octobre, la présidente de l’Assemblée nationale a estimé que le dispositif de maintien de l’ordre n’avait pas permis d’empêcher les destructions survenues dans plusieurs grandes villes. Quelques heures plus tard, la conférence des présidents du Palais-Bourbon a approuvé le principe d’une commission d’enquête parlementaire destinée à faire la lumière sur les événements.
« Évidemment qu’il y a une faillite, qu’il y a un échec », a déclaré Yaël Braun-Pivet, se disant profondément choquée par les incendies, les pillages et les attaques contre les bâtiments publics. La députée Renaissance considère que les parlementaires doivent comprendre comment des violences d’une telle ampleur ont pu se produire malgré les dispositifs policiers déployés. « Si on fait une commission d’enquête, c’est que tout s’est mal passé », a-t-elle insisté, estimant indispensable d’identifier les erreurs pour éviter leur répétition.
L’Assemblée veut examiner les défaillances du renseignement et du maintien de l’ordre
La conférence des présidents de l’Assemblée nationale a donné son accord mardi matin au principe de cette enquête. Pour accélérer sa mise en place, la commission des lois doit être dotée des prérogatives d’une commission d’enquête. Les députés pourront ainsi examiner les conditions de préparation des manifestations, les renseignements disponibles, les effectifs mobilisés et les décisions prises par la chaîne de commandement.
Yaël Braun-Pivet souhaite également étudier les méthodes employées par les groupes violents, le rôle des réseaux sociaux, les éventuelles pénuries de munitions et les conditions dans lesquelles certains manifestants se sont retrouvés encerclés par les forces de l’ordre. Elle a même évoqué la nécessité de vérifier d’éventuelles ingérences étrangères, sans affirmer qu’elles auraient été établies. La présidente de l’Assemblée espère que les travaux pourront aboutir à des conclusions avant la fin de l’année.
Cette initiative intervient au lendemain des déclarations de Laurent Nuñez, qui a reconnu un manque d’anticipation et révélé avoir proposé sa démission à Emmanuel Macron, sans que celle-ci soit acceptée. La commission devra désormais déterminer les responsabilités administratives et politiques éventuelles, sans préjuger de ses conclusions. Yaël Braun-Pivet a par ailleurs profité de son intervention pour s’opposer à l’adoption du budget 2027 par ordonnances, estimant qu’une telle procédure constituerait une « négation du travail parlementaire ».

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