POLITIQUE

Violences urbaines : Bruno Retailleau réclame l’état d’urgence, Laurent Nuñez lui oppose un refus au Sénat

Violences urbaines : Bruno Retailleau réclame l'état d'urgence, Laurent Nuñez lui oppose un refus au Sénat
Violences urbaines : Bruno Retailleau réclame l'état d'urgence, Laurent Nuñez lui oppose un refus au Sénat

Le désaccord est frontal entre Bruno Retailleau et Laurent Nuñez. Lors des Questions au gouvernement au Sénat, ce mercredi 21 octobre, l’ancien ministre de l’Intérieur a demandé à l’exécutif de décréter l’état d’urgence après les violences survenues les 17 et 18 octobre dans plusieurs villes françaises. Mais son successeur à Beauvau a opposé un refus, estimant que les pouvoirs actuellement à la disposition des préfets suffisent à maintenir l’ordre. Une confrontation directe entre deux hommes qui défendent désormais des réponses différentes à la crise sécuritaire.

Bruno Retailleau considère que les événements du week-end ont démontré les limites des dispositifs traditionnels de maintien de l’ordre. L’incendie de l’hôtel de ville de Limoges, les pillages de commerces et les attaques contre les forces de sécurité témoignent, selon lui, d’une situation exceptionnelle nécessitant des mesures à la hauteur de la gravité des faits. Le président des Républicains souhaite que le gouvernement se donne les moyens de prévenir de nouveaux débordements, alors que d’autres manifestations sont annoncées pour le samedi 24 octobre.

Nuñez défend les pouvoirs actuels des préfets

Laurent Nuñez a rejeté cette proposition. Le ministre de l’Intérieur estime que les autorités disposent déjà de moyens juridiques importants pour faire face aux risques de troubles à l’ordre public. Les préfets peuvent notamment prendre des arrêtés de couvre-feu, restreindre certains rassemblements et interdire des manifestations lorsque des risques suffisamment graves le justifient.

Pour le ministre, le recours à l’état d’urgence n’est donc pas nécessaire à ce stade. Un tel régime exceptionnel permettrait d’élargir les pouvoirs administratifs de l’État, mais son déclenchement doit répondre à des conditions légales précises. Laurent Nuñez privilégie une adaptation des dispositifs de sécurité existants plutôt qu’un changement général du cadre juridique.

Cette confrontation intervient alors que le ministre de l’Intérieur a reconnu, lundi, des défaillances dans l’anticipation des violences du 17 octobre. Il a également révélé avoir proposé sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a refusée. Bruno Retailleau entend manifestement faire de cette reconnaissance un argument supplémentaire en faveur d’un durcissement de la réponse gouvernementale.

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