Le député La France insoumise Sébastien Delogu risque une lourde sanction judiciaire. Jugé ce mercredi 21 octobre devant le tribunal correctionnel de Marseille pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des documents privés volés à un chef d’entreprise, l’élu des Bouches-du-Rhône a vu le parquet requérir deux ans de prison avec sursis, 10 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. La procureure Audrey Jouaneton a dénoncé des faits « d’une extrême gravité », estimant que le parlementaire avait « sali la fonction » de député.
L’affaire remonte à septembre 2024, en plein conflit social au sein de Laser Propreté, une entreprise de nettoyage intervenant notamment à la gare Saint-Charles de Marseille. Des documents personnels appartenant à son dirigeant, Isidore Aragones, ancien bâtonnier de Marseille et ancien président local du Crif, avaient été dérobés dans les locaux de l’entreprise. Quelques jours plus tard, Sébastien Delogu avait diffusé plusieurs de ces documents sur Instagram, notamment des correspondances évoquant un projet de déplacement en Israël et le soutien de l’entrepreneur à l’armée israélienne. Isidore Aragones affirme que ces publications l’ont exposé à des menaces et ont fait de lui une cible.
Delogu présente ses excuses, le parquet réclame une sanction exemplaire
Devant le tribunal, Sébastien Delogu a d’abord fait valoir son droit au silence, avant de présenter ses excuses. Le député a expliqué avoir été « mal conseillé » et avoir agi « dans l’urgence », sans détailler davantage ses motivations. La procureure a dénoncé une instrumentalisation du conflit social et estimé que les publications avaient contribué à stigmatiser l’entrepreneur en raison de son appartenance à la communauté juive. La défense a contesté cette interprétation, dénonçant un réquisitoire relevant, selon elle, d’une « mise à mort politique ».
L’enjeu est désormais considérable pour l’avenir politique de Sébastien Delogu. Si le tribunal prononçait une peine d’inéligibilité assortie de l’exécution provisoire, celle-ci pourrait produire ses effets avant même l’épuisement des voies de recours, selon les règles applicables.

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