Entrevue POLITIQUE

Manifestations du 7 novembre : 70 000 policiers et gendarmes mobilisés, Laurent Nuñez redoute de nouveaux débordements

Manifestations du 7 novembre : 70 000 policiers et gendarmes mobilisés, Laurent Nuñez redoute de nouveaux débordements
Manifestations du 7 novembre : 70 000 policiers et gendarmes mobilisés, Laurent Nuñez redoute de nouveaux débordements

Le gouvernement ne veut prendre aucun risque. À la veille d’une quatrième journée de mobilisation contre la vie chère, Laurent Nuñez a annoncé vendredi 6 novembre le déploiement de 70 000 policiers et gendarmes dans toute la France. Un dispositif comparable à celui du 5 novembre, avec 110 unités de forces mobiles, 25 blindés Centaure de la gendarmerie et des moyens aériens de surveillance. Le ministre de l’Intérieur redoute moins l’ampleur des cortèges que les initiatives de groupes radicaux, après plusieurs semaines marquées par des affrontements et des dégradations. Entre 30 000 et 60 000 manifestants sont attendus au niveau national, selon les estimations des autorités.

À Paris, le principal cortège intersyndical doit s’élancer samedi à 14 heures de la place de la République pour rejoindre Nation par le boulevard Voltaire. En revanche, la préfecture de police a interdit le rassemblement de Gilets jaunes annoncé place de la Concorde. Une décision que les organisateurs contestent ouvertement. Benjamin Ball, membre de leur coordination, a confirmé vendredi leur intention de se rendre malgré tout sur place, entre 14 heures et 19 heures, pour organiser une action qu’il présente comme pacifique. Les autorités craignent que ces initiatives parallèles ne compliquent le maintien de l’ordre, d’autant que plusieurs appels à des rassemblements spontanés circulent sur les réseaux sociaux.

Des appels à l’« insurrection » signalés par les autorités

Laurent Nuñez affirme avoir identifié des messages appelant à des blocages, à des violences et, dans certains milieux radicaux, à une forme d’« insurrection ». Le ministre redoute notamment l’apparition de black blocs, de cortèges sauvages et de groupes susceptibles de s’en prendre aux commerces. Plusieurs arrêtés d’interdiction de manifester ont été pris dans les centres-villes jugés sensibles. À Paris, la RATP a également annoncé la fermeture de nombreuses stations de métro, notamment autour des Champs-Élysées, de Concorde et sur le parcours République–Nation. La priorité affichée par Beauvau est d’empêcher une répétition des violences enregistrées lors des précédentes mobilisations.

Cette nouvelle journée intervient à peine quarante-huit heures après les manifestations du 5 novembre, qui ont rassemblé 575 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur et près de 1,6 million d’après la CGT. Si le mouvement reste important, sa capacité à mobiliser de nouveau un samedi demeure incertaine, plusieurs organisations privilégiant désormais les grèves et les actions dans les établissements scolaires.

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