POLITIQUE

Manifestations du 17 octobre : Macron appelle au calme, Lecornu dénonce des violences « d’une extrême intensité », au moins 272 interpellations

Manifestations du 17 octobre : Macron appelle au calme, Lecornu dénonce des violences « d'une extrême intensité », au moins 272 interpellations
Manifestations du 17 octobre : Macron appelle au calme, Lecornu dénonce des violences « d'une extrême intensité », au moins 272 interpellations

La journée de mobilisation du samedi 17 octobre 2026 a été marquée par d’importants rassemblements partout en France, mais aussi par de violents affrontements, des incendies et des dégradations dans plusieurs grandes villes. La CGT revendique désormais près de 800 000 manifestants, tandis que le ministère de l’Intérieur faisait état d’au moins 272 interpellations à 15 heures. Après l’appel au calme d’Emmanuel Macron, le Premier ministre Sébastien Lecornu a fermement condamné les violences, accusant des groupes d’ultragauche de les avoir organisées.

La France a connu ce samedi une journée de forte tension sociale et politique. Initialement organisée contre la vie chère, la hausse des prix des carburants et la dégradation des services publics, la mobilisation du 17 octobre a rassemblé des « gilets jaunes », des lycéens, des étudiants, des syndicats et plusieurs organisations politiques de gauche. Selon la CGT et les organisations de jeunesse, près de 800 000 personnes ont participé aux manifestations à travers le pays, un chiffre revu à la hausse en début de soirée après la remontée des résultats de plusieurs grandes villes, notamment Strasbourg, Montpellier, Lille et Bordeaux. À 20 heures, le ministère de l’Intérieur n’avait pas encore publié de bilan national définitif de participation permettant de confronter cette estimation à un comptage officiel.

La journée a cependant été émaillée de nombreux incidents. À Paris, la place de la République a été le théâtre de violents affrontements entre les forces de l’ordre et des groupes d’individus cagoulés. Des voitures et des poubelles ont été incendiées, des vitrines brisées et plusieurs commerces pillés. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau. À Lyon, l’office du tourisme situé place Bellecour a été incendié. À Marseille, des individus ont pénétré dans l’hôtel de ville et provoqué des dégradations, tandis qu’un commissariat de police municipale a également été pris pour cible. Des incidents ont aussi été signalés à Lille, Rennes, Toulouse, Montpellier et Grenoble. Selon le dernier bilan national chiffré communiqué dans l’après-midi, au moins 272 personnes avaient été interpellées à 15 heures. Ce total provisoire pourrait être revu à la hausse.

Macron appelle au calme, Lecornu promet de ne pas céder à la violence

Emmanuel Macron avait pris la parole vendredi soir depuis Bruxelles, en marge du Conseil européen, pour appeler les manifestants au calme. Le président de la République avait rappelé que le droit constitutionnel de manifester devait s’accompagner du respect des personnes et des biens. Il avait également dénoncé les individus cherchant uniquement à provoquer des troubles et réaffirmé sa confiance dans le Premier ministre Sébastien Lecornu et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Le chef de l’État avait enfin apporté son soutien aux policiers et aux gendarmes, confrontés depuis plusieurs semaines à une multiplication des tensions.

Ce samedi, à 18 heures, Sébastien Lecornu a pris le relais en dénonçant une « violence d’une extrême intensité ». Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le Premier ministre a rappelé que les manifestations pacifiques avaient pleinement leur place dans la République, contrairement aux incendies, pillages et attaques. Il a directement mis en cause des groupes d’ultragauche, qu’il accuse d’avoir organisé des violences dans plusieurs villes, et affirmé que des délinquants avaient profité de la situation pour piller et détruire. Le chef du gouvernement a également apporté son soutien aux forces de l’ordre et assuré que l’exécutif ne se laisserait pas intimider par ceux qui chercheraient à imposer leur agenda politique par la violence. Une cellule interministérielle de crise a été réunie pour suivre les événements.

Une mobilisation massive, une classe politique profondément divisée

À gauche, Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier ont vivement contesté la stratégie de maintien de l’ordre. Présent dans le cortège parisien, le dirigeant de La France insoumise a accusé le préfet de police d’avoir favorisé les affrontements en empêchant les manifestants d’accéder normalement à certains secteurs de la place de la République. Marine Tondelier a, de son côté, dénoncé un usage disproportionné de la force. Ces accusations sont contestées par les autorités, qui affirment avoir dû intervenir contre des groupes violents. À Marseille, le maire Benoît Payan a également critiqué le dispositif de sécurité, estimant les effectifs initialement déployés insuffisants pour protéger les bâtiments municipaux. Il affirme avoir obtenu des renforts après avoir contacté les plus hauts responsables de l’État.

Malgré les scènes de violences largement relayées sur les réseaux sociaux et les chaînes d’information, une grande partie des manifestations s’est déroulée pacifiquement. À Paris, le cortège autorisé entre République et Clichy a notamment progressé sans incidents majeurs, alors que des affrontements éclataient dans des secteurs voisins.

Partager cet article

Votre actualité, selon vos intérêts

Choisissez les rubriques et la langue de votre newsletter. Vous pourrez modifier vos préférences à tout moment.

Réagir à l’article

Soyez le premier à commenter cet article.

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés. Les messages promotionnels, les envois automatiques et les liens abusifs sont bloqués.

Votre premier commentaire, ou tout message contenant un lien, peut être placé en attente de validation.

Application Entrevue

L’info partout avec vous

Retrouvez l’actualité, les alertes et vos rubriques préférées dans une expérience pensée pour le mobile.

Écran Alertes de l’application Entrevue : les dernières alertes info
Écran de personnalisation des rubriques de l’application Entrevue
Écran Actu de l’application Entrevue : le récit à la une