Laurent Nuñez reconnaît les défaillances du maintien de l’ordre après les violences du 17 octobre. Invité de Benjamin Duhamel sur France Inter ce lundi 19 octobre, le ministre de l’Intérieur a assumé sa responsabilité dans les débordements survenus dans plusieurs villes françaises. « J’ai remis ma démission parce que je suis responsable de tout ce qui se passe », a-t-il déclaré. Une démission finalement refusée par Emmanuel Macron, qui souhaite maintenir son ministre en fonctions pour garantir la continuité du commandement des forces de sécurité.
Le ministre de l’Intérieur a reconnu un « manque d’anticipation » dans le dimensionnement du dispositif policier. Selon lui, environ 60 000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés samedi sur l’ensemble du territoire, alors que la participation aux manifestations s’est révélée nettement supérieure aux prévisions. Laurent Nuñez a également admis une « perte de contrôle » dans certaines grandes villes, où les forces de l’ordre n’ont pas réussi à empêcher de nombreux pillages et dégradations.
Macron refuse sa démission et exige de nouvelles mesures
« Vu les dégâts qu’il y a eus, il était normal que je remette ma démission », a expliqué Laurent Nuñez, invoquant son parcours de haut fonctionnaire et son sens de l’intérêt général. Le président de la République a néanmoins refusé son départ, estimant nécessaire de préserver la chaîne de commandement dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu. L’Élysée a demandé au ministre de déployer rapidement de nouvelles méthodes d’intervention contre les casseurs et de faire toute la lumière sur les défaillances du renseignement et de l’anticipation.
Laurent Nuñez a toutefois refusé que les critiques visant son ministère occultent les responsabilités des auteurs des violences. Il a dénoncé l’action de casseurs, de pilleurs et de militants d’ultragauche, tout en reprochant à certains responsables politiques de gauche de ne pas condamner suffisamment fermement les attaques contre les forces de l’ordre. Les appartenances politiques et les responsabilités individuelles des personnes mises en cause devront être établies par les enquêtes.

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