Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 entre dans sa phase parlementaire. Ce lundi 12 octobre, les députés de la commission des affaires sociales commencent l’examen d’un texte particulièrement contesté, sur lequel plus de 1 600 amendements ont été déposés. Gel de certaines pensions de retraite, économies sur les allocations familiales, transferts de dépenses vers les complémentaires santé et nouvelle fiscalité sur les produits sucrés : les mesures proposées par le gouvernement suscitent déjà de fortes oppositions.
L’exécutif entend réduire un déficit de la Sécurité sociale estimé à 21,8 milliards d’euros. Pour y parvenir, il prévoit plusieurs dispositions destinées à limiter la progression des dépenses et à dégager de nouvelles recettes. Le gouvernement défend ces mesures comme indispensables pour assurer la pérennité du système de protection sociale, dans un contexte de vieillissement de la population et de hausse des dépenses de santé.
Les retraités et les familles au cœur des désaccords
L’une des mesures les plus sensibles concerne les pensions de retraite supérieures à environ 1 265 euros mensuels, dont la revalorisation serait limitée dans le cadre du projet gouvernemental. Plusieurs prestations familiales seraient également concernées par des mesures de gel. L’exécutif considère que ces efforts sont nécessaires pour préserver les finances sociales, tout en affirmant vouloir protéger davantage les ménages les plus modestes.
Le texte prévoit aussi des économies dans le domaine de la santé, notamment par un transfert de certaines dépenses vers les organismes complémentaires. Une orientation qui suscite des interrogations sur les conséquences possibles pour les cotisations des assurés. Le gouvernement envisage parallèlement une taxation supplémentaire de certains produits alimentaires riches en sucre, officiellement justifiée par des objectifs de santé publique.
Les oppositions contestent ces choix, mais ne défendent pas toutes les mêmes solutions. La France insoumise et le Parti socialiste dénoncent des mesures susceptibles de réduire le pouvoir d’achat des retraités et des familles. Plusieurs élus de droite réclament pour leur part des économies structurelles plus importantes, estimant que les ajustements proposés ne suffiront pas à rétablir durablement les comptes sociaux.
L’examen en commission constitue la première étape d’une bataille parlementaire qui s’annonce longue. Les nombreux amendements déposés pourraient modifier sensiblement la copie initiale du gouvernement.

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