Mauvaise nouvelle pour les restaurateurs. Ce lundi 12 octobre, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture une proposition de loi destinée à moderniser les titres-restaurant, tout en rejetant les amendements qui visaient à instaurer un double plafond selon leur utilisation dans les restaurants ou les supermarchés. Une décision vivement contestée par Thierry Marx, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), qui estime que les députés favorisent la grande distribution au détriment de la restauration traditionnelle.
Le texte, porté par le député LIOT Christophe Naegelen, concerne près de six millions de salariés et un marché évalué à environ 11 milliards d’euros. Il prévoit notamment de pérenniser la possibilité d’utiliser les titres-restaurant pour acheter des produits alimentaires en supermarché, y compris lorsqu’ils ne sont pas immédiatement consommables. Cette faculté, initialement introduite à titre dérogatoire pour soutenir le pouvoir d’achat, est devenue une habitude pour de nombreux ménages.
Thierry Marx dénonce une concurrence défavorable aux restaurants
Les représentants de la restauration défendaient l’instauration de deux plafonds distincts, afin d’encourager davantage les salariés à utiliser leurs titres dans les établissements de restauration. Les députés ont finalement rejeté cette proposition, maintenant à ce stade le plafond unique de 25 euros par jour.
Pour Thierry Marx, cette décision risque de renforcer le déplacement des dépenses vers les grandes surfaces. Le président de l’Umih considère que les titres-restaurant doivent conserver leur vocation initiale : permettre aux salariés de financer leurs repas pendant les journées de travail. Il dénonce une évolution qui pourrait, selon lui, fragiliser davantage des établissements déjà confrontés à l’augmentation de leurs charges.
À l’inverse, les défenseurs d’une utilisation élargie mettent en avant le pouvoir d’achat des salariés. Ils estiment que les consommateurs doivent pouvoir choisir librement entre un repas au restaurant et l’achat de produits alimentaires pour leur foyer, particulièrement dans un contexte de tensions sur les prix.
La proposition de loi prévoit également des assouplissements concernant l’utilisation dominicale des titres et leur dématérialisation, avec une réforme envisagée pour 2028. Le texte doit cependant encore être examiné au Sénat avant une éventuelle adoption définitive.

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