Bruno Le Maire prend ses distances avec le budget présenté par Sébastien Lecornu. Invité lundi soir de Lundi, c’est politique sur LCP, l’ancien ministre de l’Économie a critiqué plusieurs mesures du projet de loi de finances, qu’il juge à la fois insuffisamment rigoureux sur la dépense publique et mal ciblé dans certaines économies demandées aux Français.
Premier point de désaccord : les aides personnalisées au logement. « C’est une erreur de toucher aux APL », affirme Bruno Le Maire. Il critique aussi le mécanisme qui contraindrait certains parents à choisir entre les APL perçues par leur enfant et l’avantage fiscal procuré par son rattachement au foyer. Pour l’ancien locataire de Bercy, ces dispositions risquent notamment de pénaliser les classes moyennes.
La taxe sur les produits sucrés jugée « un peu hypocrite »
Bruno Le Maire s’en prend également à l’extension envisagée de la fiscalité sur certains produits sucrés et transformés. Il juge « un peu hypocrite » de présenter cette augmentation comme une mesure essentiellement destinée à améliorer la santé publique et y voit d’abord une recette fiscale supplémentaire.
L’ancien ministre ne plaide pourtant pas pour un budget moins rigoureux. Il souhaite au contraire réaliser davantage d’économies, mais autrement. Son propre projet prévoit notamment une désindexation des pensions et de la plupart des prestations sociales, à l’exception du RSA, la suppression de l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités ainsi que le gel du point d’indice et de l’avancement des fonctionnaires. Il considère que les finances publiques françaises sont « hors de contrôle » depuis la dissolution de 2024 et alerte sur le risque d’une crise financière si la trajectoire n’est pas corrigée.
Malgré cette charge, Bruno Le Maire refuse la perspective d’un blocage budgétaire. Il estime que la France doit disposer d’un budget et demande donc au gouvernement d’« améliorer sa copie ». Sa position consiste ainsi à contester plusieurs économies choisies par Sébastien Lecornu tout en réclamant un effort global plus important sur la dépense publique.

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