Les principaux responsables parlementaires du Parti socialiste mettent la pression sur Sébastien Lecornu au lendemain de la présentation du projet de budget 2027. Dans une lettre adressée vendredi 2 octobre au Premier ministre, Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Patrick Kanner, son homologue au Sénat, et Johanna Rolland, première secrétaire déléguée du PS, demandent au gouvernement de modifier « sans délai » son projet afin de démontrer une réelle « volonté de compromis ».
Les trois responsables socialistes dénoncent notamment ce qu’ils considèrent comme une insuffisance des « efforts de justice fiscale ». Présenté le 1er octobre, le budget vise à ramener le déficit public à 5 % du PIB en 2027, avec 43 milliards d’euros de mesures nouvelles. Le gouvernement prévoit aussi une hausse importante des recettes fiscales, dont environ 17 milliards d’euros liés à de nouvelles mesures, tout en revendiquant une politique de « stabilité fiscale ».
Les socialistes veulent davantage de concessions
Cette lettre s’inscrit dans plusieurs semaines de négociations difficiles entre Matignon et le PS. Dès le 22 septembre, Sébastien Lecornu avait appelé les socialistes à retrouver « l’esprit de responsabilité » qui avait permis l’adoption du budget précédent, en proposant une discussion « mesure par mesure ». Le Premier ministre avait notamment rappelé les concessions accordées en 2025, dont la suspension de la réforme des retraites.
Du côté socialiste, la réponse reste beaucoup plus réservée. Boris Vallaud avait déjà estimé avant la présentation du texte que les premières orientations risquaient d’« enfoncer » davantage le pays dans la crise. Le PS souhaite notamment obtenir davantage de mesures sur la fiscalité des hauts revenus et du patrimoine, le pouvoir d’achat et les dépenses sociales avant d’envisager une position définitive sur le budget.
Le PS met aussi en garde contre un rapprochement avec le RN
Dans leur courrier, Boris Vallaud, Patrick Kanner et Johanna Rolland avertissent également Sébastien Lecornu contre une éventuelle recherche de compromis avec le Rassemblement national. Ils estiment qu’un tel choix constituerait une « faute politique et morale ». Cette mise en garde intervient alors que le gouvernement, dépourvu de majorité absolue, doit rechercher des soutiens ou au minimum éviter qu’une majorité de députés vote une motion de censure.
Le budget 2027 doit désormais être examiné au Parlement et pourrait encore être largement amendé. Sébastien Lecornu affirme rester disponible pour rechercher des compromis, tandis que le recours à l’article 49.3 reste envisagé en fonction du déroulement des débats. La position finale des socialistes sera donc déterminante dans une Assemblée nationale où le gouvernement ne dispose pas, à lui seul, des voix nécessaires pour faire adopter son texte.

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