Le ministre de la Justice Gérald Darmanin veut durcir la réponse judiciaire face aux dégradations commises en marge des blocages de lycées. Invité de RTL ce vendredi 2 octobre, il a annoncé avoir demandé aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents lorsque leurs enfants mineurs sont à l’origine de dégâts, afin que les réparations puissent être mises à leur charge.
Cette annonce intervient après une forte montée des tensions autour du mouvement lycéen. Jeudi, plus de 1 000 établissements étaient mobilisés à travers la France, selon Le Monde, avec de nombreux face-à-face entre jeunes et forces de l’ordre, parfois accompagnés de violences. Le gouvernement considère désormais que le mouvement a changé de nature dans certains secteurs, avec des incendies, des dégradations et des affrontements autour de plusieurs établissements.
Près de 2 000 gardes à vue depuis le début du mouvement
Gérald Darmanin a indiqué qu’environ 2 000 personnes avaient été placées en garde à vue depuis le début de la mobilisation, dont 90 % de mineurs. Selon lui, environ un tiers des interpellés l’ont été pour des violences contre les personnes. RTL faisait état ce vendredi matin d’une forte hausse des interpellations et de plusieurs incidents graves, notamment à Nantes et Marseille.
Le garde des Sceaux souhaite donc que la réponse pénale soit accompagnée d’une réponse financière. En pratique, la responsabilité civile des parents peut déjà être engagée pour les dommages causés par leurs enfants mineurs. L’objectif affiché par le ministre est de systématiser davantage cette voie lorsque des dégradations sont établies et que leurs auteurs sont identifiés.
Le gouvernement cherche à enrayer l’escalade
Parallèlement, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray doit recevoir ce vendredi des associations lycéennes, des représentants de parents d’élèves, des syndicats de personnels et des élus du Conseil national de la vie lycéenne. Les revendications portent notamment sur les moyens accordés à l’Éducation nationale, les professeurs non remplacés, les bâtiments dégradés et la pression liée à Parcoursup.
L’exécutif tente ainsi de combiner dialogue et fermeté. Après plusieurs jours de mobilisation, la priorité affichée est désormais d’éviter une nouvelle extension des violences tout en maintenant les cours dans les établissements. Le gouvernement a déjà demandé que l’enseignement puisse être assuré à distance lorsque les blocages ou les dégradations rendent l’accueil des élèves impossible.

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