SOCIÉTÉ Police-Justice

Cédric Jubillar livre de nouveaux détails sur le meurtre de Delphine: «Je l’ai plaquée contre le réfrigérateur, mes deux pouces au niveau de sa glotte»

Cédric Jubillar livre de nouveaux détails sur le meurtre de Delphine: «Je l'ai plaquée contre le réfrigérateur, mes deux pouces au niveau de sa glotte»
Cédric Jubillar livre de nouveaux détails sur le meurtre de Delphine: «Je l'ai plaquée contre le réfrigérateur, mes deux pouces au niveau de sa glotte»

Cédric Jubillar livre désormais un témoignage beaucoup plus précis de la mort de son épouse Delphine. Après plus de cinq années de dénégations et une condamnation à 30 ans de réclusion criminelle en première instance, le peintre-plaquiste reconnaît avoir étranglé sa femme dans leur maison de Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Lors d’un nouvel interrogatoire devant une magistrate toulousaine, le 18 septembre, il a décrit ses gestes et ce qu’il affirme avoir fait du corps après le meurtre.

Ces nouvelles déclarations, révélées ce jeudi 1er octobre par Le Parisien, font suite à son son spectaculaire changement de version il y a quelques mois. En juillet, Cédric Jubillar avait reconnu sa responsabilité dans la mort de son épouse, après avoir toujours contesté les faits.

Delphine plaquée contre le réfrigérateur

Selon le récit livré par Cédric Jubillar, une nouvelle dispute aurait éclaté au domicile familial. Il situe les faits aux alentours de 1 heure du matin, un horaire qui reste contesté par plusieurs éléments du dossier : son fils Louis, alors âgé de 6 ans, ainsi que deux voisines avaient situé des événements significatifs environ deux heures plus tôt. Face à la magistrate, Cédric Jubillar assure désormais vouloir dire ce qu’il présente comme la vérité : « Je ne suis plus là pour mentir, je suis là pour dire la vérité. »

Il raconte que la dispute se serait poursuivie dans la cuisine. Il aurait alors saisi Delphine et l’aurait maintenue contre le réfrigérateur avant de placer ses mains autour de son cou. Sur le geste mortel, celui qui avait déjà reconnu en juillet avoir attrapé Delphine par le cou et serré donne désormais une précision particulièrement importante : « J’avais mes deux pouces positionnés au niveau de sa glotte. » Il affirme avoir utilisé ses deux mains, sans objet, et avoir serré jusqu’à ce que son épouse s’effondre au sol. Il estime que l’étranglement aurait duré moins de deux minutes.

Le corps placé dans le coffre de la voiture

Cédric Jubillar décrit également ce qu’il affirme avoir fait après la mort de Delphine. Selon son nouveau récit, il aurait transporté le corps de son épouse jusqu’à une voiture avant de le placer dans le coffre. Il aurait ensuite quitté Cagnac-les-Mines en pleine nuit pour chercher un endroit où dissimuler le corps. Il affirme finalement avoir choisi un secteur situé à Mailhoc, à une dizaine de kilomètres du domicile familial. C’est dans cette zone que des ossements ont été retrouvés en juillet 2026 après ses aveux. Les analyses ont ensuite confirmé qu’ils appartenaient à Delphine Aussaguel, disparue à l’âge de 33 ans.

Une recherche Google Maps dix jours avant la mort de Delphine

Un élément du dossier attire toutefois particulièrement l’attention des enquêteurs et des parties civiles. Les données examinées dans le cadre de l’enquête font apparaître une consultation de Google Maps effectuée environ dix jours avant la disparition de Delphine. Cette consultation concernait la zone proche du secteur où Cédric Jubillar affirme aujourd’hui avoir dissimulé le corps de son épouse.

Ce point pose une difficulté importante à son nouveau récit. Cédric Jubillar présente le meurtre comme le résultat d’une dispute qui aurait dégénéré et affirme avoir cherché un lieu où cacher le corps seulement après la mort de Delphine. La consultation préalable de la zone fait donc partie des éléments sur lesquels il doit encore fournir des explications. Elle est notamment examinée dans le débat sur une éventuelle préméditation, sans permettre à elle seule d’établir dans quelles circonstances ni pour quelle raison cette zone avait été consultée avant les faits.

Une reconstitution prévue vendredi

La justice va maintenant confronter ce récit aux éléments matériels et aux témoignages accumulés depuis décembre 2020. Une reconstitution est programmée vendredi 2 octobre. Elle doit notamment permettre à Cédric Jubillar de reproduire les gestes qu’il décrit désormais dans la maison de Cagnac-les-Mines, puis d’expliquer le transport et la dissimulation du corps.

La question de l’horaire devrait également être examinée. Jubillar situe la mort vers 1 heure du matin, alors que plusieurs témoignages recueillis pendant l’enquête font état de cris et d’une dispute plus tôt dans la soirée. De nouvelles fouilles ont par ailleurs été menées cette semaine dans le secteur de Mailhoc afin de retrouver d’autres restes de Delphine, notamment son crâne, susceptible d’apporter des éléments supplémentaires sur les causes exactes de sa mort.

Un nouveau procès en 2027

Cédric Jubillar avait été reconnu coupable du meurtre de son épouse le 17 octobre 2025 par la cour d’assises du Tarn et condamné à 30 ans de réclusion criminelle. À l’époque, il continuait de nier toute implication dans la disparition de Delphine. Il avait immédiatement fait appel. Ses aveux intervenus en juillet 2026 ont profondément modifié la procédure et conduit au report du procès.

Cédric Jubillar doit désormais être rejugé devant la cour d’assises de la Haute-Garonne, à Toulouse, du 30 avril au 14 mai 2027. Ses aveux ne mettent donc pas fin au dossier : la justice doit encore déterminer si le récit qu’il livre aujourd’hui correspond précisément au déroulement réel du meurtre et aux éléments recueillis depuis près de six ans.

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