Dans la nuit du 13 au 14 février 2022, un incendie suivi d’une explosion ravage plusieurs immeubles à Saint-Laurent-de-la-Salanque, dans les Pyrénées-Orientales. Huit personnes meurent, dont deux enfants et cinq membres d’une même famille. Plus de quatre ans après ce drame, trois hommes comparaîtront à partir du jeudi 1er octobre devant la cour d’assises, à Perpignan. Le procès est programmé jusqu’au 16 octobre.
Le feu est parti d’un commerce situé au rez-de-chaussée, rue Arago, avant de se propager aux bâtiments voisins. L’enquête a conduit à privilégier la piste d’un incendie volontaire. Selon l’accusation, le sinistre aurait été provoqué dans le but d’obtenir une indemnisation de l’assurance. Ce mobile présumé, comme la responsabilité et le rôle précis de chacun des trois hommes, devra être examiné au cours des débats. Les accusés restent présumés innocents.
Un procès attendu par de nombreuses victimes
L’affaire dépasse les huit décès. La procédure recense 110 victimes, parmi lesquelles des personnes blessées et des habitants ayant subi des dommages matériels ; 51 se sont constituées parties civiles, selon les éléments publiés avant l’audience. Les trois hommes doivent notamment répondre de destructions par un moyen dangereux ayant entraîné la mort, ainsi que d’autres faits de destruction ou de complicité. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
La cour devra reconstituer l’enchaînement du départ de feu, de l’explosion et de la propagation des flammes, puis déterminer ce que chaque accusé savait et aurait fait. Pour les proches des victimes, le procès doit aussi permettre de revenir publiquement sur les circonstances d’une catastrophe qui a marqué la commune. L’hypothèse d’une fraude à l’assurance donne à l’affaire une dimension particulièrement grave, mais elle ne pourra être retenue comme explication du drame qu’au terme de l’examen contradictoire des preuves.

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